Leaving Las Vegas
CinémaUn homme qui boit jusqu'au bout, filmé sans porte de sortie. Ce qui me fait peur n'est pas seulement sa chute, mais l'idée de regarder quelqu'un continuer alors qu'il n'y a plus de retour possible.
Des araignées à Alzheimer, sans détour.
Un homme qui boit jusqu'au bout, filmé sans porte de sortie. Ce qui me fait peur n'est pas seulement sa chute, mais l'idée de regarder quelqu'un continuer alors qu'il n'y a plus de retour possible.
Le bruit de la fraise avant même qu'elle touche ; la salle d'attente où chaque minute étire l'appréhension, et l'idée que ça va forcément tirer quelque part.
Le point immobile dans un coin qui, soudain, file trop vite ; je sais que la plupart sont inoffensives, mon corps refuse de l'entendre. Si bien que je ne peux pas illustrer cette phobie.
Ce qui me fait peur, ce n'est pas seulement d'oublier. C'est de ne plus reconnaître progressivement les personnes, les lieux et les souvenirs qui donnent une continuité à une vie.
Le vertige de regarder sa vie en arrière et de se demander à quel moment une autre décision aurait pu tout changer. Pas forcément le regret d'un choix précis : plutôt la peur de ne jamais savoir ce qu'il y avait sur l'autre chemin.
Ne plus pouvoir faire seul les choses les plus simples et devoir attendre quelqu'un pour les accomplir. Ce qui m'effraie surtout, c'est de ne plus être maître de mon propre quotidien.
Quand le téléphone sonne à une heure où personne n'appelle normalement, la première pensée n'est jamais anodine. Avant même de décrocher, on imagine déjà quelle mauvaise nouvelle peut se trouver au bout du fil.
Une violence qui peut surgir sans prévenir et dégénérer en quelques secondes. Je n'ai aucune envie de savoir comment ça va finir : dès que les coups commencent, je cherche surtout à m'éloigner.
Des dizaines de personnes qui avancent dans la même direction et dont on ne maîtrise plus le mouvement. Ce qui me fait peur, c'est de ne plus pouvoir choisir où aller ni simplement sortir de la situation.
Près de huit cent mille morts en cent jours, au printemps 1994, tués souvent par des voisins, pendant que le monde regardait ailleurs. Ce qui m'effraie, c'est la vitesse à laquelle des gens ordinaires basculent quand la haine devient un ordre.