Elle n'apparaît que lorsque je suis seul, sans rôle à tenir : pas de fonction, pas d'équipe, pas de raison officielle d'être là. Dès qu'un habit social collectif existe, je le mets et je parle, parfois beaucoup. Sans lui, je parle très peu, ni le premier ni le dernier, et j'attends que la situation me donne une place.
Mon indépendance
Je ne demande pas la permission, je ne demande pas d'aide, et je rembourse vite ce que je dois : être redevable m'est plus pénible qu'être seul. Dans un collectif, je donne beaucoup, mais je garde toujours une sortie, et ceux qui me connaissent savent que je l'utiliserai le jour où rester voudrait dire plier. Le prix, c'est d'apprendre tard à déléguer, et de passer parfois pour quelqu'un qui n'a besoin de personne.
Ce qui agace
Ma fausse prétention
Là où d'autres pratiquent la fausse modestie, je fais l'inverse : je m'attribue tout, à voix haute, avec un aplomb qui ne trompe que ceux qui ne me connaissent pas. « Le meilleur », « évidemment », « comme toujours » : c'est un jeu, pas une conviction. Ceux qui ne voient pas le clin d'œil me trouvent insupportable, et je les comprends.