Mon carnet

À propos / Mon univers

Mon carnet

Pensées, images, citations. Un espace personnel.

Ce carnet ne raconte rien de spectaculaire. Il garde la trace de ce qui m'a traversé — images, mots, instants.

Le 31 octobre 1991, cinq semaines après la sortie de Nevermind, Nirvana jouait à Seattle devant une salle qui n'avait pas encore compris ce qui se passait. Ce qui se voit sur chaque image, c'est une énergie sans direction, ni le groupe ni le public ne savent encore ce qu'ils sont en train de traverser. Nevermind atteindra dix millions d'exemplaires vendus avant la fin de l'année suivante.

musique

Sam Dunn filme ZZ Top comme on filme un secret bien gardé, sa caméra cherche le groupe derrière l'image de marque : chapeaux, barbes, lunettes. Même formation depuis 1969, cinquante ans de blues texan : l'histoire est là, mais l'iconographie l'a progressivement recouverte. Le documentaire a été diffusé sur Magnolia Network en 2019.

musique

Nadia Farès, actrice franco-suisse, reste l'une des présences les plus marquantes du cinéma français des années 1990. Une scène des Démons de Jésus (Bernie Bonvoisin, 1996) résume ce que son visage pouvait porter, sur Little Girl Blue de Janis Joplin. Cette carrière n'a jamais trouvé l'envergure que sa présence à l'écran appelait.

cinéma

Une fille dont les larmes se transforment en perles : l'affliction comme monnaie d'échange, le chagrin traité comme matière précieuse. Lavis et Szczerbowski construisent ce conte en stop-motion, leur technique de prédilection depuis Madame Tutli-Putli (2007), objets réels, mouvements calibrés image par image, univers à la lisière du cauchemar. Production canadienne Clyde Henry, présenté en 2025.

cinéma

Filmé le 21 octobre 2025 à Bâle, le set en configuration acoustique retire la distorsion qui caractérise les enregistrements studio de Queens of the Stone Age. Les chansons tiennent debout toutes seules, structures mélodiques nettes, arrangements épurés, voix de Homme sans traitement. La Baloise Session confirme que l'écriture du groupe supporte l'exposition directe.

musique

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. »

Isaac Newtoncitation

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2025 : Getting Killed, Lux, Let God Sort Em Out, Eusexua et More. Geese resserre le son de ses deux premiers albums en riffs courts et production sèche, Rosalía quitte la pop espagnole pour un album de club produit avec Pharrell, Clipse réapparaît après quinze ans avec Kanye West à la production. 2025 a aligné des retours et des pivots, chacun marquant une rupture avec la période précédente de l'artiste.

musique

Geese enregistre Getting Killed avec une économie de moyens qui resserre le son des deux premiers albums : riffs de guitare courts et répétitifs qui évoquent Wire et Gang of Four, production sèche sans réverbération excédentaire, chansons qui n'excèdent pas trois minutes. Le chant de Cameron Winter reste en avant, presque parlé, pendant que les guitares saturées fonctionnent en blocs rythmiques. Le résultat est direct sans être simpliste.

musique

La playlist réunit les quarante-deux Video of the Year depuis la première cérémonie en 1984 à Radio City Music Hall. L'étendue couvre quarante ans de production de clips, du budget minuscule des années 1980 aux productions à plusieurs millions de dollars des années 2010-2020. MTV avait trois ans quand la série a commencé.

musique

Brian Wilson entendait des voix depuis ses premières années de composition, certaines lui ont dicté Pet Sounds, que Capitol Records refusait de sortir et que les Beatles écoutaient en boucle. D'autres l'ont enfermé dans une chambre pendant trois ans ; il en est sorti, a refait de la musique, a terminé Smile cinquante ans après l'avoir abandonné. La folie et le génie n'ont pas toujours de frontière nette.

musique

Martin Brody (Roy Scheider), en train d'appâter depuis la poupe, se retrouve face au requin pour la première fois en pleine eau, il recule jusqu'à la cabine et lance la réplique à Quint sans le quitter des yeux. Roy Scheider a improvisé la formule sur le tournage aux Vineyard ; Spielberg l'a conservée au montage parce qu'elle capture la dissonance entre l'échelle du danger et les moyens du groupe. Classée trente-cinquième au palmarès AFI, exemple canonique du dialogue de réaction, dont la force repose entièrement sur ce que le personnage vient de voir.

cinéma

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2024 : Imaginal Disk, Brat, Songs Of A Lost World, Only God Was Above Us et Romance. Magdalena Bay construit Imaginal Disk comme un objet continu sans silence entre les plages, Charli XCX enregistre Brat en six semaines à Londres dans un registre délibérément lo-fi, The Cure revient après seize ans avec un album sur le deuil produit avec Paul Corkett. 2024 a produit des albums qui revendiquaient chacun un format ou un tempo propre, sans concession au marché.

musique

Magdalena Bay produit Imaginal Disk en circuit fermé : synthétiseurs en couches, voix traitées à l'autotune et percussions programmatiques construisent une pop conceptuelle sur la mémoire et l'identité numérique. Les plages s'enchaînent sans silence, l'album est conçu comme un objet continu. Cry for Me illustre une maîtrise des dynamiques electrosynth qui maintient la densité sonore sans saturer les fréquences médium.

musique

Bond traverse le couloir du MI6 : Moneypenny le retient quelques instants, M l'informe que son Beretta est confisqué, puis le major Boothroyd présente le Walther PPK comme remplacement. La séquence installe trois des figures permanentes de la série en moins de cinq minutes : la complicité teintée de séduction avec la secrétaire, l'autorité sèche du patron, la neutralité technique de l'armurier. Lois Maxwell joue Moneypenny dans quatorze films consécutifs, Bernard Lee incarne M dans onze films jusqu'à Moonraker. Peter Burton joue le major Boothroyd dans ce seul film, remplacé dès le suivant par Desmond Llewelyn.

cinéma

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2023 : Javelin, Did You Know That There's A Tunnel Under Ocean Blvd, Scaring The Hoes, Desire, I Want To Turn Into You et The Record. Sufjan Stevens compose Javelin après un AVC, Lana Del Rey livre un double album fleuve construit sur des nappes de cordes et des références littéraires, JPEGMAFIA et Danny Brown enregistrent Scaring The Hoes en improvisant chaque prod en séance. 2023 a été une année de grands formats et d'albums personnels, plusieurs conçus dans des circonstances médicales ou émotionnelles précises.

musique

Sufjan Stevens compose Javelin après un AVC : guitares acoustiques et arrangements de chambre forment un cadre intime que les traitements électroniques ne viennent pas épaissir. Les textes sur la perte et la gratitude sont portés par une voix nette, sans traitement. Will Anybody Ever Love Me? et So You Are Tired articulent des progressions harmoniques simples dont la durée creuse progressivement leur effet.

musique

Le rire qui précède Roxanne dans l'enregistrement, c'est Sting qui s'assoit par accident sur le piano au début de la session. Les Police étaient en studio à Paris en 1978 pour enregistrer Outlandos d'Amour, la prise avait démarré, le micro était ouvert. Ils ont gardé la prise.

musique

Dans l'émission Le Règlement, un invité raconte le groupe qui a changé sa vie, la réponse ici : les Red Hot Chili Peppers. Le format suit une chronologie : des débuts à Los Angeles en 1982 aux transformations successives de la formation, sans esquiver ce que le groupe a traversé. La mort de Hillel Slovak en 1988 fait partie du récit.

musique

Sinéad O'Connor a déchiré la photo du pape en direct sur NBC en 1992, quand l'Église irlandaise dissimulait encore ses crimes sous des tonnes de silence. Sa carrière a explosé en quelques secondes. L'histoire lui a donné raison trente ans plus tard, quand les archives ont confirmé ce qu'elle avait crié.

musique

Tina Turner a quitté Ike Turner avec 36 cents en poche et son nom en guise de capital. Elle avait 44 ans quand Private Dancer est sorti, pas un retour, un commencement. Avant elle, personne n'avait cru qu'on pouvait repartir de zéro si tard, et finir plus grand qu'au début.

musique

Jenny (Ali MacGraw), mourante, dit à Oliver (Ryan O'Neal) qu'il n'a pas à s'excuser, la réplique reformule en maxime une dynamique de couple qui traverse tout le film. Arthur Hiller filme la scène en gros plan continu, sans coupure ; Erich Segal, auteur du roman et du scénario, avait hésité à inclure la formule avant d'y voir la ligne directrice de l'ensemble. Classée treizième au palmarès AFI ; Ryan O'Neal la redira à Barbra Streisand dans What's Up, Doc? (Peter Bogdanovich, 1972), cette fois en parodie assumée.

cinéma

Tyler Durden énonce les règles du Fight Club devant un sous-sol bondé, la première étant qu'il est interdit d'en parler. Le paradoxe performatif est au cœur de la scène : énoncer une règle de silence devant une foule qui l'écoute. Fight Club, adapté du roman de Chuck Palahniuk, est sorti en 1999 et a été distribué par la Fox malgré des réserves internes sur son contenu.

cinéma

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2022 : Ants from Up There, Dragon New Warm Mountain I Believe In You, Mr. Morale & The Big Steppers, Blue Rev et Hellfire. Black Country New Road sort Ants from Up There trois jours après l'annonce du départ de Isaac Wood, Big Thief enregistre Dragon New Warm Mountain en quatre sessions dans quatre villes différentes, Kendrick Lamar revient cinq ans après DAMN. avec un double album de règlement de comptes. 2022 a aligné des albums de rupture, chacun clôturant une période ou une formation.

musique

Jeff Beck jouait sans médiator, juste les doigts, directement sur les cordes. Cette décision technique produisait un son que personne d'autre n'a jamais su reproduire ; il a traversé cinquante ans de rock, de jazz-rock et de fusion sans jamais se fixer. Chaque album sonnait différemment, il était incapable de se répéter.

musique

Black Country, New Road enregistre Ants From Up There avec Daniel Blumberg à Londres : cordes, cuivres, piano et guitares construisent des plages qui montent en intensité sur plusieurs minutes avant de se dénouer. Isaac Wood chante ses textes sur la honte, l'amour et l'effondrement avec une précision dépouillée qui contraste avec la densité orchestrale. L'album sort trois jours après l'annonce du départ de Wood.

musique

Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman arrive en tête du classement décennal du British Film Institute, premier film réalisé par une femme à occuper cette place depuis la création du sondage en 1952. Plus de 1 600 critiques, programmateurs et professionnels du cinéma ont participé à l'édition 2022, soit un panel deux fois plus large qu'en 2012, plus international et plus divers dans ses représentations géographiques. Vertigo d'Hitchcock (premier en 2012) et Citizen Kane d'Orson Welles (premier de 1962 à 2002) reculent respectivement aux deuxième et troisième rangs.

cinéma

L'orchestration symphonique appliquée à Caroline révèle une structure harmonique que l'arrangement original, produit sur machines, ne laissait qu'entrevoir. Les cordes déploient le contre-chant compressé dans le sample de base, donnant à la chanson l'envergure que MC Solaar lui avait peut-être toujours destinée. La chanson date de 1991, extraite du premier album Qui sème le vent récolte le tempo.

musique

Arno chantait comme on jure dans la rue, sans permission et sans regret, avec dans la voix quelque chose d'irrémédiablement humain : ni beau, ni laid, juste vrai. Bruxelles lui appartenait, et il lui rendait bien. La dernière fois qu'il est monté sur scène, il était à peine debout, il y est quand même monté.

musique

Guido Anselmi s'évade d'un embouteillage asphyxiant en s'envolant dans les airs, retenu par une corde à la cheville au-dessus d'une plage. Cette séquence introduit un film où rêve et réalité alternent sans frontière, autour d'un réalisateur en panne d'inspiration. La valse de Nino Rota installe d'emblée le registre onirique qui traversera tout le film.

cinéma

J'suis pas malheureux mais ça pourrait être mieux.

Arnomusique

[Photo] Alicia Savage: Head in the cloud

art

État des lieux #Twitter : compte créé en 2008 ; >90 000 comptes bloqués.

tech

Meat Loaf montait sur scène comme on monte au front, transpiration, conviction, tout le corps engagé. Jim Steinman lui avait écrit des chansons qui ne tenaient pas dans une radio : Bat Out of Hell dure huit minutes et demie, Paradise by the Dashboard Light dix, les maisons de disques refusaient. L'album s'est vendu à quarante millions d'exemplaires.

musique

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2021 : Sometimes I Might Be Introvert, For The First Time, Promises, Bright Green Field et Call Me If You Get Lost. Little Simz enregistre avec Inflo un album orchestral qui tient la densité sans écraser le flow, Black Country New Road publie son premier album six mois avant l'implosion de la formation originale, Floating Points réunit Pharoah Sanders et le London Symphony Orchestra sur une seule pièce de quarante-six minutes. 2021 a été une année d'ambitions formelles, chaque disque forçant les limites de son genre sans les rompre.

musique

Little Simz enregistre Sometimes I Might Be Introvert avec Inflo : cordes et cuivres orchestraux doublent des beats hip-hop précis, construisant une texture grand spectacle qui ne dilue pas le flow. Les textes traversent l'identité, la féminité et la célébrité avec une précision syllabique constante. Woman et I Love You I Hate You articulent des climax orchestraux qui tiennent dans le format rap sans l'écraser.

musique

Word, Excel, client FTP, clavier, souris… L'iPad s'équipe peu à peu. Prochaine étape : le moniteur externe. La question reste ouverte : peut-il vraiment remplacer un PC ?

tech

Y'a-t-il une personne merveilleuse qui veut partager ses fichiers multimédias Plex avec moi ?

tech

Si mon salaire était, disons, multiplié par deux, je crois que je n'aurais plus besoin de travailler.

pensée

Bond descend dans les laboratoires du MI6 où Q lui remet une mallette d'attaché-case équipée : cinquante souverains-or, un couteau pliant, une cartouche de gaz endormant dissimulée dans un talc, et un fusil de sniper démonté dans le compartiment principal. La scène instaure un rituel : Q explique chaque dispositif, Bond écoute distraitement, et le spectateur apprend que la mallette sera décisive sans savoir encore comment. Desmond Llewelyn incarne Q pour la première fois dans ce film. Il reprendra le rôle dans dix-sept films de la série, sa présence devenant un repère rituel autant que celle de Moneypenny ou de M.

cinéma

Batteur des Rolling Stones depuis 1963, Watts joue systématiquement en retrait du tempo, un placement derrière le beat qui donne au groupe une lourdeur que ni Richards ni Jagger ne peuvent s'attribuer. Sa caisse claire sèche et ses cymbales légères créent une pulsation préservée comme invariant sur cinquante ans de production. Il joue avec le groupe pendant cinquante-huit ans ; sa mort survient six semaines avant le début d'une tournée américaine.

musique

Pour moi les vacances, ça devrait toujours commencer par un voyage en train

voyage

Ma boîte mail pro c'est comme ça que je l'aime.

tech

Le vote électronique à Neuilly-sur-Seine : bonne idée ? Voter pour des livres, c'est ludique. Changer d'outils, c'est intéressant. Mais il faudra peut-être plus encore pour ranimer la citoyenneté.

pensée

Ma gourmandise ce dimanche et mon insolence : "Un de chaque", L’Artisan des Gourmands, Paris 15e.

vie

— Sur une échelle de 1 à 10, tu le situes où ton sens du second degré ? — Une échelle ? Où ça ?

humour

Je voulais être un bon manager. Erreur de calcul dans mon ambition vaine et prétentieuse. Je veux en fait être un manager confiant.

pensée

J'ai grandi avec les formules de mon époque « Sois un homme ». Puis j'ai entendu une explosion révolutionnaire à laquelle je ne pouvais m'attendre sur Arrêt sur Image - "Je ne suis pas un homme, Monsieur".

pensée

Je crois que prochainement je vais aller me choisir un stylo plume, quelques cartouches d'encre (noire), un petit cahier et me lancer tout seul dans des nécessaires exercices d'écriture. Ne le répétez pas.

pensée

C'est juste magique, fascinant. Cette "image" de Paris peut tout dire, tout faire dire. Parce qu'elle nous cherche… et nous trouve

art

Hypothèse. Si le vote blanc avait un impact, il y aurait moins d'abstentionnistes. Proposons des bulletins blancs pour voir.

pensée

Sympathy for the Devil a commencé comme une ballade folk et est devenue une samba au fil des heures d'enregistrement, Godard filmait les sessions. Jean-Luc Godard capture la transformation du morceau en temps réel dans un studio londonien, en juin 1968, deux semaines après Mai. Le morceau porte encore la trace de cette nuit-là.

musique

Renouveler GoogleStadia après les 3 mois gratuits ? Difficile de justifier 70 € pour un titre disponible à 20 en boîte, et déjà possédé sur PS4.

tech

Mes limites de partage social : je ne me résoudrai jamais à publier publiquement une photo d'un plat de viande animale (pléonasme dans la définition contemporaine). La liberté n'est pas infinie.

pensée

J'aimerais bien YouTube Music pouvoir accéder à mes compteurs d'écoutes sur chacun des titres. Bring back the play counts please. I loved that feature in Google Music.

tech

MySeedBox répond au besoin : Plex accessible depuis tous les appareils. Freebox Pop, iPad, smartphone. Aucune friction. Prix raisonnable.

tech

De toutes les techniques tentées, la pause lecture restera toujours la plus efficace pour se détendre. Le roman en premier lieu. Quel qu'il soit.

pensée

FTPManager sur iPadOS : transferts fiables entre la seedbox et la FreeboxDelta. La chaîne complète fonctionne.

tech

L'expérience Stadia sur iPad convainc. Le cloud gaming a de l'avenir, sur tablette d'abord, sur Freebox peut-être.

tech

C'est plutôt cet iMac que j'attendais, borderless. Comme sur les MacBook. Ce qui n'est pas de l'écran est forcément parasite. Je suis à peu près certain qu'Apple saurait répondre mais je crains que la société ne temporise trop son business.

tech

Je vote pour l'été ce dimanche.

vie

Première terrasse depuis... je ne sais plus.

vie

Meg Ryan mime un orgasme au comptoir du Katz's Deli à Manhattan, sous le regard médusé de Billy Crystal, la scène démontre la thèse de son personnage : les hommes ne savent pas quand une femme feint. Une cliente que la caméra n'a pas montrée jusqu'alors lance la réplique finale à la serveuse : « I'll have what she's having. » Nora Ephron a écrit la scène ; c'est Estelle Reiner, mère du réalisateur Rob Reiner, qui prononce la réplique, classée trente-troisième au palmarès AFI des plus grandes répliques du cinéma américain.

cinéma

Un plan serré sur le visage d'une femme, lèvres d'abord, puis yeux anxieux scrutant à gauche et à droite, jusqu'au zoom dans l'œil droit. Une spirale violette émerge de la pupille et absorbe l'écran ; des formes géométriques abstraites, spirographes turquoise, violet, vert, orange, se succèdent tout au long du générique de Saul Bass. Bernard Herrmann pose le vertige par la musique avant que le film ne commence.

cinéma

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2020 : The New Abnormal, Punisher, Fetch The Bolt Cutters, Folklore et How I'm Feeling Now. Fiona Apple enregistre Fetch The Bolt Cutters seule chez elle pendant le confinement, The Strokes retrouvent la précision de leur premier album avec Rick Rubin, Taylor Swift abandonne la pop grand public pour un folk chambriste avec Aaron Dessner. 2020 a produit des albums faits dans l'isolement, plusieurs enregistrés pendant la pandémie.

musique

The Strokes enregistre The New Abnormal avec Rick Rubin à Los Angeles : les guitares retrouvent la précision d'Is This It, fines, distinctes, sans saturation inutile. La production de Rubin travaille l'espace plutôt que la densité, laissant chaque instrument une fréquence propre. Casablancas chante derrière une légère distorsion, comme en 2001, dix ans après Angles, le groupe reconverge vers sa propre formule sans la répéter mécaniquement.

musique

Morricone ne composait pas pour les films, il composait les films : sans sa musique, Il buono, il brutto, il cattivo n'existe pas, c'est le thème qui crée l'espace, la tension, les personnages. Il a écrit plus de cinq cents partitions en soixante ans, tout composé à la plume, sans ordinateur. Il a reçu son Oscar d'honneur en 2007, pour un compositeur de westerns, c'était presque tard.

musique

Le Capitaine (Strother Martin) s'adresse aux prisonniers réunis après avoir mis Luke à terre, la formule administrative contraste avec la brutalité physique qui vient d'avoir lieu sous leurs yeux. Stuart Rosenberg filme en contre-plongée pendant tout le discours ; Luke reste muet, à terre, hors champ, l'institution parle seule, la victime se tait. Classée onzième au palmarès AFI ; reprise par Guns N'Roses en introduction de Civil War sur Use Your Illusion II (1991), assurant sa diffusion hors du contexte cinématographique.

cinéma

Little Richard avait inventé l'exagération comme principe musical, il criait, grimaçait, frappait les touches du piano avec tout son corps, et ça s'appelait de la joie. Sa voix cassait les règles avant même que le rock'n'roll n'en ait. Elvis a vendu ce que Little Richard avait créé. Richard le savait, et ne l'a jamais digéré.

musique

Technicien de maintenance jusqu'à 32 ans, Withers entre dans la musique sans formation et y apporte un ancrage rare : ses textes parlent de travail, de dépendance affective et de solidarité, sans métaphore. Entre 1971 et 1985, il enregistre huit albums, arrête net et ne revient jamais, désaccords avec CBS Records, sans déclaration publique. Lean on Me et Ain't No Sunshine comptent parmi les standards les plus repris du siècle.

musique

La formule «Where do we go now?» qui clôt Sweet Child O' Mine, c'est Axl Rose qui se parlait à lui-même, le groupe cherchait depuis des heures comment terminer le morceau. Rose marmonnait la phrase de frustration dans son coin, micro ouvert. Le producteur Mike Clink l'a entendu et a dit : on garde.

musique

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2019 : Norman Fucking Rockwell!, Igor, Titanic Rising, Magdalene et Schlagenheim. Lana Del Rey abandonne le cinéma gothique pour un folk de Laurel Canyon ancré dans le présent, Tyler, the Creator signe son album le plus personnel en mode jazz-rap, FKA Twigs construit Magdalene après une rupture et une maladie dans un registre électronique et classique. 2019 a été une année d'albums intimes, chacun construit à partir d'une expérience personnelle précise.

musique

Lana Del Rey enregistre Norman Fucking Rockwell! avec Jack Antonoff : guitares acoustiques et orchestrations de cordes évoquent Laurel Canyon des années 1970 sans pasticher. La voix, graves et medium, est captée sans compression excessive, l'acoustique de chaque plage reste lisible. Les textes abandonnent le cinéma gothique pour quelque chose de plus ancré : California, Venice Bitch et The Greatest décrivent un déclin culturel précis.

musique

Pomme reprend Tous les garçons et les filles sur une guitare acoustique dépouillée, sans accompagnement. Le texte original, attendre l'amour pendant que tous les autres l'ont déjà trouvé, prend avec sa voix quelque chose d'encore plus suspendu que dans la version de 1962. Hardy avait 18 ans quand elle l'a écrit.

musique

Un taxi émerge d'un nuage de vapeur dans les rues de Manhattan. La caméra capture les yeux de Travis Bickle dans le rétroviseur, les néons de la ville reflétés sur l'asphalte mouillé. Scorsese et Michael Chapman construisent New York comme un territoire intérieur : la ville vue depuis le taxi est déjà la ville vue depuis l'esprit de Travis, saturée, oppressante, étrange. Dernière partition de Bernard Herrmann, achevée deux jours avant sa mort. Le mélange de jazz et d'orchestration lourde installe dès les premiers plans la tension entre séduction et menace qui traverse tout le film.

cinéma

Le générique de Daniel Kleinman anime des cartes à jouer en 3D, silhouettes de Bond entre cœurs, piques et carreaux, sur You Know My Name de Chris Cornell. Premier Bond de Daniel Craig, premier sans le célèbre gun barrel en ouverture, déplacé après le pré-générique pour marquer la rupture. Le film adapte le premier roman de Ian Fleming publié en 1953, jusque-là jamais porté à l'écran par la franchise officielle.

cinéma

Le T-800 entre dans un commissariat, examine le bureau d'accueil d'un regard de scanner, repart sans un mot supplémentaire, « I'll be back » est dit à l'agent de service pour l'avertir d'un retour immédiat. Quelques secondes plus tard, la voiture traverse la facade en béton : la promesse était littérale, pas métaphorique. La réplique, classée trente-septième au palmarès AFI, est devenue le slogan de la carrière entière de Schwarzenegger, réutilisée dans des contextes sans rapport avec le film.

cinéma

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2018 : Twin Fantasy, Kids See Ghosts, Joy As An Act Of Resistance, 7 et Wide Awake!. Car Seat Headrest réenregistre une œuvre de jeunesse six ans après sa sortie, Idles construit un punk-rock politique à Bristol, Beach House resserre ses arrangements autour de sept titres concentrés. 2018 a produit des albums courts et directs, chacun refusant à sa manière l'excès de durée ou de production.

musique

Will Toledo réenregistre Twin Fantasy en studio six ans après la version Bandcamp : guitares plus claires et plus amples sans perdre la rugosité d'origine. Les arrangements ajoutent des couches de claviers et de voix qui amplifient les climax, notamment sur Beach Life-In-Death et Famous Prophets, plages de plus de dix minutes. La production tient simultanément du perfectionnement et de l'hommage à la version initiale.

musique

James Bond entre au casino Le Cercle à Londres, s'installe à la table de baccara, allume une cigarette et répond à Sylvia Trench qui lui demande son nom. La réplique « Bond, James Bond », prononcée sans regarder l'interlocutrice, installe le personnage dès sa première apparition à l'écran comme quelqu'un dont le nom suffit. Sean Connery avait 31 ans lors du tournage. La formule sera reprise dans pratiquement chaque film de la série, devenant l'une des répliques les plus imitées de l'histoire du cinéma populaire.

cinéma

Aznavour n'avait pas une voix de crooner, il avait une voix d'homme, et c'est peut-être pour ça qu'elle traversait tout. Il n'a jamais caché qu'il était petit, amer, blessé, la fragilité comme force, c'était sa matière première. Plus de 1 200 chansons en huit langues, cinquante ans de tournées mondiales, encore sur scène à 94 ans.

musique

Baby attend devant une banque d'Atlanta, écouteurs vissés, Bellbottoms du Jon Spencer Blues Explosion lancé sur son iPod, la course-poursuite qui suit est montée image par image sur la musique. Edgar Wright travaille la séquence comme une chorégraphie : feux qui clignotent en mesure, virages calés sur les ruptures de rythme, balles cadrées sur les accents. Le principe musical du film entier est posé dès l'ouverture, le héros entend, donc il agit ; sans musique, il s'arrête.

cinéma

Le son de batterie dans In the Air Tonight, la porte qui claque, le rebond sec, Hugh Padgham l'a construit délibérément avec Phil Collins au Townhouse Studio de Londres. La technique utilisée est la Gated Reverb : une grande réverbération tronquée nette, sans decay, qui isole chaque frappe. En 1981, personne n'avait entendu ça, le procédé allait dominer la production de la décennie.

musique

Aretha Franklin avait 14 ans quand elle a enregistré ses premiers titres ; à 25 ans, ses albums Columbia n'avaient rien donné. Jerry Wexler l'a emmenée chez Atlantic avec une seule instruction : faire ce qu'elle voulait, le reste, c'est Respect, Chain of Fools, Think, en dix-huit mois. Quand elle chantait, la pièce changeait de forme.

musique

Uma Thurman conduit sa voiture face caméra, monologue intérieur en voix off, noir et blanc, elle reprend l'histoire là où Volume 1 l'a laissée. Le carton « Written and Directed by Quentin Tarantino » s'affiche dès l'ouverture, en plein écran, avant même que le récit ne reprenne. Le générique fonctionne comme récapitulatif et reprise narrative à la fois, à la manière des feuilletons westerns dont le diptyque revendique l'héritage.

cinéma

Un homme traqué progresse à travers les haies d'un jardin nocturne, suivi par un assassin blond masqué qui l'étrangle en silence. Sous un projecteur, le tueur retire son masque : c'est un latex à l'effigie de James Bond, il s'agissait d'un exercice de tir de Spectre, pas du vrai 007. Le thème de John Barry reprend sur le générique animé de Robert Brownjohn, instaurant les codes visuels de la franchise dès son deuxième volet.

cinéma

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2017 : DAMN., Melodrama, Flower Boy, A Deeper Understanding et Slowdive. Kendrick Lamar signe l'album de rap le plus reconnu de l'année, Lorde reconstruit la pop à partir d'une architecture émotionnelle dépouillée, Slowdive revient vingt-deux ans après Souvlaki sans trahir le son shoegaze originel. 2017 a aligné des albums de retour, de maturité et de rupture, chacun posé dans un registre distinct.

musique

Kendrick Lamar conçoit DAMN. en quatorze morceaux lisibles dans les deux sens, la séquence inversée modifie la logique narrative sans changer les plages. La production, confiée à Mike WiLL Made-It, Sounwave et 9th Wonder, alterne trap sombre, soul et sons de rue sans chercher la cohérence de façade. DNA. et HUMBLE. fonctionnent sur une économie rythmique minimaliste, premier album de rap à recevoir le prix Pulitzer, en 2018.

musique

L'Inspecteur Harry s'accroupit devant un braqueur blessé qui hésite à ramasser son arme, le .44 Magnum braqué sur lui : « Go ahead, make my day. » La situation inverse le rapport de force habituel. Harry encourage explicitement l'adversaire à lui donner une raison de tirer, transformant la menace en invitation. Ronald Reagan reprendra la formule deux ans plus tard devant le Congrès pour menacer de son veto une hausse d'impôts, première fois qu'une réplique de cinéma entre directement dans le discours présidentiel américain.

cinéma

Un train s'arrête en gare d'Ardmore, Maryland ; Jordan Benedict descend et repart avec Leslie Lynnton après être venu acheter un pur-sang à sa famille. Ce bref échange entre l'Est raffiné et l'Ouest texan contient en germe les quarante années que le film va déployer sur trois heures vingt. Dimitri Tiomkin ouvre la partition sur un thème large qui associe d'emblée l'épopée individuelle au mythe de la frontière américaine.

cinéma

Accident de voiture figé en l'air, le générique défile dans le décor au ralenti, Directed by an Overpaid Tool, Starring God's Perfect Idiot, Produced by Asshats. Le film se présente lui-même comme une parodie du genre super-héros avant même que son personnage n'ait pris la parole. Sur Angel of the Morning de Juice Newton, la séquence pose le pacte ironique avec le spectateur que Deadpool ne brisera pas pendant deux heures.

cinéma

La playlist réunit les cinq meilleurs albums de 2016 : ★ [Blackstar], A Moon Shaped Pool, Blond, Teens of Denial et Atrocity Exhibition. Chaque disque a été construit dans des conditions singulières : Bowie enregistre en sachant qu'il ne verra pas la sortie, Frank Ocean brise quatre ans de silence sur son propre label. 2016 a été une année de disques personnels, faits chacun à leurs propres conditions.

musique

Radiohead ouvre A Moon Shaped Pool sur des cordes staccato de Jonny Greenwood et le clôt avec True Love Waits, chanson de 1995 qui trouve sa forme définitive au piano. Le London Contemporary Orchestra est déployé sur plusieurs plages, ajoutant une profondeur harmonique que les traitements électroniques n'auraient pas produite seuls. Produit avec Nigel Godrich à Paris et Oxford, l'album assume un lyrisme sans sarcasme.

musique

George Michael donnait en secret des millions à des associations, des familles en difficulté, des chercheurs contre le VIH, sans jamais communiquer dessus. Musicalement, il avait réussi à passer de Wham! à une carrière d'auteur-compositeur complet sans que la transition paraisse forcée : Faith, Listen Without Prejudice, deux albums que vingt ans de recul n'ont pas vieillis. Il avait 53 ans, une carrière entière encore devant lui.

musique

Pablo de León, ingénieur spatial à l'Université du Dakota du Nord, teste une combinaison pressurisée dans un bac de régolithe simulé au Kennedy Space Center. Ventilateurs et poussière fine reconstituent les tempêtes martiennes. Tout est là sauf Mars.

art

Cohen écrivait comme on taille dans la pierre, chaque mot pesé, rien de superflu. Il a publié You Want It Darker à 82 ans, trois semaines avant de mourir, il savait ce qu'il faisait. Hallelujah a mis vingt ans à devenir le morceau le plus repris de l'histoire moderne, il n'en était pas fier.

musique

Un pied de femme posé sur des genoux d'homme, les ongles en cours de manucure, les mains qui travaillent lentement. Le générique défile sur cette image. Kubrick pose le film entier dans ce seul plan : la dépendance, la contemplation, le rituel de possession. Tout est dit avant que le récit commence. Le film adapte le roman éponyme de Vladimir Nabokov, qui a lui-même écrit le scénario. Peter Sellers a largement improvisé le rôle de Quilty lors du tournage.

cinéma

Stanley Kowalski (Marlon Brando) s'agenouille dans la rue, chemise déchirée, et hurle le prénom de sa femme vers le premier étage, la dépendance absolue et la brutalité habituelle coexistent dans le même geste. Elia Kazan et Brando ont travaillé le cri pendant des semaines ; le jeu physique et vocal, issu de la méthode Actors Studio, rompt avec les conventions théâtrales héritées de Broadway et impose un nouveau standard. Classée quarante-cinquième au palmarès AFI, seule entrée du classement réduite à un prénom, une syllabe, immédiatement identifiable hors contexte.

cinéma

Prince jouait 27 instruments et enregistrait en permanence, des milliers de morceaux conservés dans un coffre-fort sous Paisley Park, jamais sortis. Purple Rain, Sign O' the Times, Around the World in a Day : chaque album construit dans un genre différent, chaque tournant pris sans prévenir. Il contrôlait tout, production, droits, distribution, scène, et y est mort à 57 ans.

musique

Ella Fitzgerald oublie les paroles de Mack the Knife en plein concert à Berlin en 1960, plutôt que de s'arrêter, elle improvise du scat pendant trois minutes. La chanson originale de Kurt Weill pose un cadre harmonique que Fitzgerald exploite librement, inventant des paroles au moment même où elle improvise sur la mélodie. L'enregistrement sort tel quel, deux Grammys.

musique

Plan-séquence à Mexico le jour des Morts : la caméra suit Bond à travers le défilé, monte avec lui dans un hôtel, ressort par la fenêtre, le retrouve sur les toits, quatre minutes sans coupe apparente. Le plan-séquence cite explicitement l'ouverture de Touch of Evil d'Orson Welles, référence déclarée par l'équipe lors de la promotion du film. Hoyte van Hoytema réalise le plan en une seule prise, Steadicam modifiée pour le suivi en foule sur quatre minutes continues.

cinéma

Kendrick Lamar enregistre To Pimp a Butterfly avec les musiciens de session de Los Angeles. Thundercat, Kamasi Washington, George Clinton, construisant une architecture qui traverse jazz live, funk et spoken word sans perdre la cohérence narrative. Chaque plage est un acte d'un récit politique sur la race et l'identité noire américaine. La densité musicale et textuelle est uniforme de la première à la dernière minute.

musique

Bowie a passé sa vie à devenir quelqu'un d'autre. Ziggy Stardust, Aladdin Sane, le Thin White Duke, puis juste lui-même. Il a sorti Blackstar deux jours avant de mourir, une lettre d'adieu déguisée en disque de jazz expérimental. Jusqu'au dernier jour, il a choisi comment partir.

musique

Bassiste et chanteur de Motörhead depuis 1975, Lemmy joue la basse comme une guitare saturée, un mur de son à trois instruments que le metal et le punk ont simultanément revendiqué comme le leur. Ace of Spades (1980) : deux minutes quarante, 180 bpm, riff à l'unisson, texte sur le destin, archétype d'un registre entier. Il meurt quatre jours après son soixante-dixième anniversaire, deux jours après le diagnostic.

musique

Bond s'arrête quelques instants au bureau de Moneypenny avant d'entrer chez M : un échange bref, un sourire retenu, une proposition repoussée en jouant. La scène courte installe un rituel récurrent dans la série : un sous-texte romanesque jamais concrétisé, la secrétaire comme témoin bienveillant et complice des départs de Bond. Lois Maxwell avait 30 ans lors du tournage. Elle incarne Moneypenny dans quatorze films, de Dr. No à Dangereusement vôtre, sa dernière apparition dans la série.

cinéma

Des silhouettes plates en 2D, inspecteurs en poursuite, jeune homme qui fuit, traversent des décors rouges et orangés inspirés des génériques des années 1960. Kuntzel + Deygas signent un hommage explicite aux génériques de Saul Bass des années 1960, la séquence dit immédiatement le pastiche et l'époque. La musique de John Williams emprunte au jazz cool de Mancini : la signature stylistique du film est posée avant le premier plan tourné.

cinéma

Matrice d'Eisenhower pour les priorités, Trello pour la prod. Le couple tient.

tech

Le Colonel Kilgore s'accroupit torse nu sur une plage encore fumante après un assaut au napalm, serein, et déclare aimer l'odeur du napalm le matin, parce que ça sent la victoire. La scène associe l'esthétisation du surf, le Wagner diffusé depuis les hélicoptères et la destruction totale, construisant le portrait d'un officier qui a dissous toute frontière entre guerre et loisir. Robert Duvall a improvisé une partie du discours ; la réplique est classée douzième au palmarès AFI des plus grandes répliques du cinéma américain.

cinéma

A Love Supreme a été enregistré en une seule session, le 9 décembre 1964, avec le quartet de Coltrane. McCoy Tyner, Jimmy Garrison, Elvin Jones. Coltrane avait préparé un poème en prose pour accompagner les livrets de l'album. C'était une prière, pas un disque. Coltrane lui-même désignait l'œuvre comme une offrande.

musique

Adam Granduciel enregistre Lost in the Dream seul sur plusieurs années : les guitares à chorus et à délai s'empilent en strates épaisses qui évoquent la Kosmische Musik de Neu! autant que le rock de Springsteen. La production est dense sans être saturée, chaque couche garde de l'espace. Les mélodies directement accrochantes contrastent avec la texture atmosphérique qui les porte, et Red Eyes reste la plage la plus directe du disque.

musique

Joe Cocker prenait les chansons des autres et les rendait méconnaissables. With a Little Help from My Friends a transformé la comptine des Beatles en cri de gospel, numéro un en Grande-Bretagne. Il chantait en convulsant, comme si la musique lui coûtait physiquement quelque chose. Woodstock l'a révélé au monde en 1969, scène mémorable dans un festival qui en compta beaucoup.

musique

Une porte s'ouvre sur un désert de lumière rouge. Martha sort sur le porche, scrute l'horizon, et voit arriver un cavalier : Ethan Edwards, de retour après des années d'absence. Ford pose le film en quelques images : le contraste entre l'intérieur sombre et l'extérieur brûlant, la silhouette qui avance depuis le fond du cadre, la famille immobile qui attend. Le plan d'ouverture répond directement à la scène finale : la même porte, la même lumière, Ethan qui entre et Ethan qui repart. Le film a été tourné dans Monument Valley, lieu de prédilection de Ford depuis La Chevauchée fantastique.

cinéma

Jake LaMotta s'échauffe seul dans le ring, capuche relevée, ralenti, brouillard de fumée, la caméra reste à distance, n'épouse aucun mouvement. L'Intermezzo de Cavalleria Rusticana de Mascagni se substitue à toute ambiance sonore : ni cris, ni cloche, ni respiration. L'ouverture annonce le projet du film : transformer la boxe en chorégraphie tragique, et Robert De Niro en figure pesante d'un destin déjà joué.

cinéma

Une voix off précipitée court sur des images fixes du Paris des années 1910, puis des silhouettes courent, sautent, se rattrapent. Des portraits alternent. Jules, Jim, Catherine, avant que le récit ne commence vraiment, résumant une amitié et une époque en quelques dizaines de secondes. Georges Delerue pose sa musique légère sur ce montage, donnant au film son rythme de respiration avant même que les personnages se rencontrent.

cinéma

Quand mon fils m'a dit qu'il n'avait pas le droit de courir dans la cour à cause de la pollution, j'ai trouvé ça drôle. Quand j'ai compris que c'était vrai, j'ai trouvé ça tragique

pensée

Extrait de French Bazaar (2004). Arno traite la quarantaine comme un rapport de situation lucide et légèrement désabusé. « Je sais t'as quarante ans et tu t'ennuies / La vérité ne fais pas de bruit. » Pas de leçon, pas d'ironie appuyée, juste le constat.

musique

Vampire Weekend enregistre Modern Vampires of the City avec Rostam Batmanglij à New York : percussions traitées électroniquement et claviers de chambre se substituent aux textures afro-pop des premiers albums. Koenig pose des textes sur la mort, la foi et le passage du temps sans ironie protectrice, le registre est plus grave et moins décoratif. La production compresse et dilate les espaces sonores de façon asymétrique.

musique

Bond et Honey Ryder s'échappent sur une barque à moteur pendant que l'île de Dr. No s'effondre. Leiter les repère depuis un hélicoptère de la CIA. Bond coupe le câble de remorquage pour rester seul avec Honey, renvoyant l'hélicoptère : la séquence clôt le film sur un isolement volontaire. La formule sera reconduite dans tous les Bond suivants, l'escapade finale avec la Bond Girl est devenue une convention de série aussi codifiée que le générique d'ouverture.

cinéma

Lou Reed a fondé le Velvet Underground avec John Cale en 1965, un groupe que personne n'achetait et que tout le monde a copié. Il a raconté New York comme personne d'autre : la nuit, les marges, la drogue, la mort, sans jamais demander le pardon du lecteur. Walk on the Wild Side en 1972, Berlin en 1973, deux albums que la radio ne savait pas quoi faire et que le temps a rendus indispensables.

musique

La caméra franchit une grille portant l'inscription « No Trespassing » et glisse vers la fenêtre éclairée d'un manoir en ruine. Une boule de neige tombe d'une main mourante et se brise ; le mot « Rosebud » est prononcé, et la question qui structurera tout le film est posée avant le premier titre. Bernard Herrmann, à sa première collaboration avec Welles, utilise le silence autant que la musique pour installer le sentiment de perte irréversible.

cinéma

Radiohead a failli se séparer après le succès d'OK Computer, le groupe décrit les tournées de 1997-1998 comme une période d'épuisement et de dissociation. Ils ont répondu par Kid A, un album sans guitares conventionnelles, sans singles, enregistré avec des instruments électroniques. Le sabotage du succès était délibéré.

musique

Première fois dans la franchise James Bond où le générique chanté est intégré au récit. Bond est torturé en Corée du Nord pendant que Madonna chante par-dessus les images. Danny Kleinman conçoit un générique entièrement narratif où feu et glace alternent : les quatorze mois de captivité du personnage défilent sous forme abstraite. Le film est le vingtième de la franchise et sort lors du quarantième anniversaire de la série inaugurée par Dr. No.

cinéma

Han Solo s'arrête à la passerelle du Millennium Falcon pour lancer la formule à Luke Skywalker avant la bataille finale contre l'Étoile noire, le sceptique congédié de la Force l'utilise sans ironie apparente. Cette transmission entre personnages de croyances opposées donne à la réplique une fonction narrative de transmission plutôt que de profession de foi. May the Force Be with You est classée huitième au palmarès AFI des plus grandes répliques du cinéma américain, sur vote d'un jury de 1 500 personnes en 2005.

cinéma

Le Driver attend dans une chambre d'hôtel, énonce au téléphone les règles du contrat : « cinq minutes, pas une de plus, après je file. » La course de fuite à travers Los Angeles nocturne se déroule sans musique d'action, radio de la police, bruit du moteur, silence du conducteur, jusqu'au générique en lettres roses cursives sur synthé de Cliff Martinez. Refn signe une déclaration de style en huit minutes : Los Angeles vue comme une carte mentale, le héros taiseux comme figure d'archétype, le néon comme matière première.

cinéma

Deux inconnus se croisent brièvement à New York, reliés par un avion en papier, puis séparés par la ville. John Kahrs développe pour ce film le logiciel Meander, qui permet de dessiner au trait sur des volumes 3D, fusionnant pour la première fois animation 2D et CGI chez Disney. Oscar du meilleur court-métrage d'animation 2013 ; projeté en avant-programme de Les Mondes de Ralph.

cinéma

Kendrick Lamar construit Good Kid, M.A.A.D City comme un récit en actes : une journée d'adolescence à Compton racontée de l'intérieur, avec des interludes de messages vocaux qui fonctionnent comme transitions narratives. La production. Sounwave, Terrace Martin, Hit-Boy, oscille entre samples soul sombres et synthétiseurs funky. Le flux de Lamar varie de la confession murmurée à l'attaque syllabique selon la tension dramatique de chaque plage.

musique

Dans la salle de la prison, Dude (Dean Martin) et Colorado (Ricky Nelson) chantent ensemble My Rifle, My Pony and Me, accompagnés à l'harmonica par Stumpy (Walter Brennan). Hawks suspend l'action pendant dix minutes de musique : la scène n'avance pas le récit, elle révèle comment ces hommes se trouvent bien ensemble, un accord physique entre les corps et les voix. Le choix de Dean Martin pour le rôle était perçu comme un risque : il venait de rompre avec Jerry Lewis et sa carrière solo restait à confirmer. La scène contribuera à établir sa crédibilité dramatique.

cinéma

Popeye et Bluto se disputent les faveurs d'Olive Oyl lors d'une sortie en bateau ; la situation dégénère, Popeye avale ses épinards et règle le problème. La mécanique du récit est déjà entièrement en place : le prétexte, la bagarre, les épinards, la victoire. Ce premier court-métrage autonome pose la grammaire de toute la série. Premier court-métrage de la série officielle Popeye the Sailor, sorti deux mois après l'apparition du personnage dans un film de Betty Boop. La série durera jusqu'en 1957, soit plus de deux cents épisodes.

cinéma

Course-poursuite en voitures sur les rives du lac de Garde, montage saccadé, plans de coupe rapides. Bond conduit l'Aston Martin DBS qu'il a explosée à la fin de Casino Royale. Premier James Bond conçu comme suite directe du précédent, le pré-générique s'enchaîne sans transition sur les dernières minutes du film de 2006. L'arrangement de Another Way to Die par Jack White et Alicia Keys remplace dès le générique la formule symphonique habituelle.

cinéma

Le solo de saxophone dans What's Going On, c'est l'échauffement du musicien, il improvisait pour se chauffer les doigts avant que la session démarre vraiment. Marvin Gaye, en régie, a écouté. Il a dit : «C'est exactement ça. On garde.»

musique

Margo Channing (Bette Davis) descend l'escalier de sa propre fête, verre à la main, et prévient ses invités que la soirée sera turbulente, au moment précis où Eve Harrington commence à lui voler sa vie. Joseph L. Mankiewicz écrit et filme la réplique pour une femme qui se sait menacée et refuse de le dissimuler ; la hauteur physique de Margo dans le cadre contredit sa position réelle dans la situation. Classée neuvième au palmarès AFI des plus grandes répliques du cinéma américain, seule entrée du premier dixième prononcée par une femme.

cinéma

Une lycéenne reçoit un coup de fil menaçant chez elle, en peignoir, court dans le jardin, est poursuivie par un tueur masqué, pastiche frame par frame de l'ouverture de Scream. Le film déconstruit la décennie slasher en pastichant d'emblée l'ouverture de Scream, séquence devenue référence dans le genre depuis 1996. Carmen Electra remplace Drew Barrymore : changement de registre, signe que le pacte parodique avec le spectateur est conclu d'emblée.

cinéma

La voix de Whitney Houston pouvait tout traverser, cinq octaves, une puissance technique que les autres chanteuses regardaient de loin. I Will Always Love You est sorti en 1992 et s'est vendu à vingt millions d'exemplaires. Sa propre vie ne lui a pas réservé la même grâce que sa voix, elle avait 48 ans.

musique

Fleet Foxes enregistre Helplessness Blues avec Phil Ek à Seattle sur deux ans, en ajoutant à la trame acoustique du premier album des arrangements de guitare plus complexes et une dynamique plus tendue. Pecknold déplace le propos vers le doute et l'identité : les harmonies vocales portent des textes qui questionnent le collectif. Les plages longues comme The Shrine/An Argument laissent la tension monter sans résolution rapide.

musique

DJ Zebra recompose Enjoy the Silence de Depeche Mode en une version bootleg, superposant à la mélodie originale une autre source musicale. Le procédé du mashup cherche la coïncidence inattendue : deux morceaux mis en présence jusqu'à ce qu'ils révèlent une parenté que les originaux ne laissaient pas supposer. DJ Zebra est un producteur français spécialisé dans le mashup depuis les années 2000. Enjoy the Silence, sorti en 1990, est l'un des titres les plus reconnaissables du répertoire de Depeche Mode.

musique

Six braqueurs masqués de clown attaquent une banque de Gotham, chacun élimine le précédent selon le plan d'un commanditaire absent, jusqu'au dernier survivant qui retire son masque. Nolan structure la séquence sur le modèle du braquage de Heat de Michael Mann : action en plein jour, découpage lisible, tension issue de la mécanique du plan plutôt que du chaos visuel. La séquence présente le Joker sans le nommer, par un seul plan frontal, et fixe d'emblée la règle morale qui irriguera le film.

cinéma

Amy Winehouse avait construit une voix, un style, une écriture entièrement personnels dans un paysage musical qui ne demandait rien de tel. Deux albums, dont Back to Black, l'un des disques de soul les plus aboutis de ces vingt dernières années, à 27 ans. Ce qu'elle aurait fait ensuite reste la question la plus douloureuse du rock contemporain.

musique

Nicole Kidman laisse tomber sa robe noire sur le parquet d'une chambre new-yorkaise, dos nu à la caméra, d'un seul geste désinvolte. Ce plan de quelques secondes précède le générique, sur la Waltz 2 de Chostakovitch, image programmatique du film en un seul geste. Le cinéaste meurt quatre jours après avoir livré la copie finale à Warner Bros., en mars 1999.

cinéma

Travis Bickle, seul face à son miroir, improvise une provocation à une personne absente, le script de Paul Schrader indiquait seulement « Travis se parle dans la glace ». Robert De Niro a construit la scène entière lors du tournage, réutilisant un geste de James Cagney dans un film qu'il avait vu enfant. La scène est classée dixième au palmarès AFI des plus grandes répliques du cinéma américain, et a été reprise ou parodiée dans plusieurs centaines d'œuvres depuis sa sortie.

cinéma

Les 26 «I know» répétés dans Ain't No Sunshine, Bill Withers les avait posés en attendant d'écrire les vraies paroles, c'était un brouillon. Le producteur Booker T. Jones a écouté et lui a dit de ne toucher à rien. Le passage le plus célèbre de la chanson est resté tel quel.

musique

Kanye West enregistre My Beautiful Dark Twisted Fantasy sur deux ans dans une dizaine de studios : cordes, samples découpés et contributions de Ross, Minaj et Jay-Z s'organisent en architecture dense. Chaque plage dépasse les conventions de durée du rap. Runaway s'étend sur neuf minutes. La production est minutieuse sans jamais effacer la chaleur des instruments live ; West transforme l'autoportrait en matériau grand spectacle.

musique

Honey Ryder (Ursula Andress) sort de la mer en bikini blanc, coquillages à la ceinture, en chantant « Underneath the Mango Tree ». Bond l'observe depuis la plage avant de se présenter. La scène installe la Bond Girl comme une figure autonome, surgissant de son propre univers plutôt que d'être introduite par le récit. Ursula Andress a été doublée vocalement par Diana Coupland ; le bikini blanc est depuis classé parmi les costumes les plus iconiques du cinéma britannique.

cinéma

Space Oddity est sorti le 11 juillet 1969, neuf jours avant Apollo 11, la BBC l'a utilisé pour couvrir le premier pas sur la Lune. Bowie avait écrit sur un homme qui se perd dans l'espace et n'en revient pas. Ce soir-là, c'est devenu le contraire.

musique

Une jeune femme traverse un monde hostile à la recherche d'un dragon qu'elle a élevé, le film s'ouvre et se referme sur la même image, qui prend un sens différent à la fin. Colin Levy dirige une équipe de douze animateurs ; la narration repose sur un retournement final qui recontextualise l'ensemble du récit et justifie le titre. Troisième film open source Blender Foundation, musique de Jan Morgenstern, publié sous Creative Commons.

cinéma

Oh non l'homme ne descend pas du singe il descend plutôt du mouton

Damien Saezmusique

Animal Collective dissout les structures de chanson dans des nappes de synthétiseur et des boucles de samples : Merriweather Post Pavilion abandonne la guitare pour construire chaque plage autour de textures superposées. Les voix d'Avey Tare et Panda Bear s'entrelacent en un canon constant, portées par des harmonies denses. Produit avec Ben H. Allen à Los Angeles, l'album conclut dix ans d'expérimentation collective.

musique

Au-dessus des champs de la vallée de Salinas, le générique défile sur la partition de Leonard Rosenman. Le nom de James Dean apparaît sur l'écran. Le générique d'ouverture est lui-même une mise en scène : le paysage agricole comme décor avant même que l'histoire commence, la musique qui pose le ton mélancolique du récit. James Dean avait 23 ans lors du tournage. Il mourut avant la cérémonie des Oscars et reçut à titre posthume sa première nomination à l'Oscar du meilleur acteur.

cinéma

Mon salon.

vie

Le Petit Chaperon rouge rend visite à sa grand-mère, mais le loup est arrivé avant elle. Un chasseur intervient et la situation se résout. La structure suit fidèlement le conte, le dessin est hésitant, mais on reconnaît déjà une attention au rythme et à la lisibilité narrative. Premier ou parmi les premiers courts-métrages de la série Laugh-O-Gram : la chronologie exacte des huit films reste débattue. Walt Disney avait 20 ans lors de la production.

cinéma

La fée, la citrouille, le bal, le carrosse qui disparaît à minuit : Walt Disney adapte le conte de Perrault en court-métrage muet pour le studio Laugh-O-Gram. Le dessin est rudimentaire, le rythme heurté, mais la structure narrative est déjà celle que Disney reprendra avec les moyens du long métrage. Sixième court-métrage de la série Laugh-O-Gram, produite à Kansas City avant la faillite du studio en 1923. Walt Disney avait 20 ans lors de la production.

cinéma

Un jeune homme suit en silence une femme inconnue dans les rues de Monterey, sans l'interpeller, il la regarde disparaître dans une maison. Cette femme est sa mère, qu'on lui a dit morte ; Cal Trask ouvre ainsi le film dans une posture de surveillance et d'exclusion qui définira son rapport au monde. Léonard Rosenman signe pour ce film sa première partition cinématographique, introduisant des dissonances qui ancrent East of Eden dans la modernité des années cinquante.

cinéma

Un taxi s'arrête sur la Cinquième Avenue avant l'aube ; une femme en robe noire Givenchy descend seule, s'approche de la vitrine de Tiffany's, mange un croissant et regarde les bijoux sans entrer. La ville dort encore autour d'elle, aucun dialogue, aucune explication sur qui elle est ou pourquoi elle est là à cette heure. Moon River de Henry Mancini et Johnny Mercer commence et finit sur ce seul plan, rendant la séquence autonome comme un court-métrage dans le film.

cinéma

La caméra survole Phoenix en plein après-midi, choisit une fenêtre parmi des dizaines et entre dans une chambre d'hôtel où Marion Crane et Sam Loomis s'habillent après une pause déjeuner illégitime. Saul Bass, au générique, a découpé l'écran en bandes horizontales qui surgissent et disparaissent, la même logique de découpe qui reviendra dans la scène de la douche. Bernard Herrmann construit ses cordes stridentes dès le titre, signalant que le film ne laissera aucun répit à ses personnages.

cinéma

Les chiots sont rivés à l'écran, captivés par Thunderbolt, chien héros d'une émission télévisée. La scène établit le contraste entre le spectacle idéalisé à la télévision et la réalité de la vie des dalmatiens, un fil ironique qui traverse tout le film. Premier long métrage d'animation entièrement xerographié : le dessin passe directement de l'esquisse à la pellicule, sans réencrage manuel, produisant une texture brute qui rompt délibérément avec les aplats lisses des films Disney des années 1950.

cinéma

Dans une ville divisée en deux camps adverses, chaque habitant est convaincu d'avoir raison. Personne n'écoute plus personne. La ville se fissure, littéralement. Mishkin use de la métaphore visuelle directe : les murs qui se construisent, les couleurs qui se séparent, la communication qui s'effondre. Le propos est politique sans être partisan. Oscar du meilleur court-métrage d'animation en 1971. Produit par Stephen Bosustow, le film est une fable sur l'incommunicabilité et l'intransigeance.

cinéma

Michael Jackson avait 25 ans et Thriller derrière lui quand il a posé le moonwalk sur le plateau de Motown 25 en 1983, la séquence dure trente secondes. Impossible d'expliquer ce qui se passe entre ses pieds et le sol. Il a passé le reste de sa vie à tenter de retrouver ce moment, et à s'en éloigner de plus en plus.

musique

Un point blanc traverse l'écran de gauche à droite, puis la caméra recule pour révéler qu'elle regardait depuis l'intérieur d'un canon ; une silhouette marche, pivote, tire, du sang rouge dégouline sur l'écran blanc. Maurice Binder invente ici la gun barrel sequence, dispositif qui sera repris à l'identique dans chaque film de la franchise pendant plus de cinquante ans. Le James Bond Theme de Monty Norman, sur les silhouettes dansantes du générique animé, installe en deux minutes une identité sonore et visuelle sans équivalent dans l'histoire du cinéma de genre.

cinéma

Dans un monde où les nuages façonnent les bébés avant de les confier aux cigognes, Gus est le seul nuage à sculpter des animaux dangereux, crocodiles, porcs-épics, requins. Son partenaire Peck continue de les livrer malgré les blessures répétées, ce qui structure le film sur une fidélité asymétrique et têtue. Premier court-métrage de Peter Sohn comme réalisateur, projeté avec Up en 2009 ; nommé à l'Oscar du meilleur court-métrage d'animation.

cinéma

Chou-fleur.

vie

En 1942, un petit garçon allemand est persuadé que ses voisins juifs s'en vont au Pays des Jouets, et il veut les suivre. La mère, qui sait la vérité, doit agir avant que l'enfant disparaisse avec eux : le film tient entier dans la tension entre ce que l'enfant croit et ce que l'adulte sait. Oscar du meilleur court-métrage de fiction 2009.

cinéma

Une porte s'ouvre depuis l'intérieur sombre d'une cabane sur la lumière éclatante de Monument Valley ; une femme franchit le seuil et scrute l'horizon jusqu'à distinguer un cavalier solitaire qui approche. Ethan Edwards rentre chez sa famille après des années d'absence qui suivent la guerre de Sécession. John Ford cadre ce retour comme une intrusion dans un tableau, non comme un soulagement. Max Steiner reprend son thème principal dès ce premier plan, liant la figure d'Ethan au paysage comme si l'un ne pouvait exister sans l'autre.

cinéma

Max marche seul sur une route déserte de Californie, bras tendu vers les voitures qui passent sans s'arrêter ; Francis l'observe depuis un arbre, silencieux. Deux inconnus se regardent sans se parler, l'un brusque et déterminé, l'autre doux et patient, avant que le film ne justifie pourquoi ils vont choisir de faire route ensemble. Jerry Schatzberg laisse la caméra s'attarder sur les silences et les distances, posant le registre naturaliste qui distingue Scarecrow des road movies contemporains.

cinéma

Les enfants fuient en barque sur le fleuve, dans la nuit, tandis qu'Harry Powell les pourchasse depuis la berge. Laughton construit une image frontière entre le conte et l'épouvante : le prédateur qui chante un cantique, les enfants qui glissent dans le noir, l'innocence en mouvement contre la menace immobile. Mitchum, à contre-jour sur son cheval, chante Leaning on the Everlasting Arms d'une voix douce, l'écart entre la mélodie et la menace constitue l'essentiel de la scène.

cinéma

Un vieil homme trouve une boîte noire mystérieuse dans un bar pluvieux ; les clients trop curieux s'en approchent les uns après les autres. Fred Wolf construit une mécanique répétitive dont le final renvoie à l'Arche de Noé, sur un jazz de Shelly Manne, sans dialogue, sans explication. Oscar du meilleur court-métrage d'animation 1968.

cinéma

Le couple Citizen Kane partage ses repas du matin dans la salle à manger de Xanadu, au fil des années. Welles comprime dix ans de désaffection conjugale en six plans fixes et deux minutes : les journaux qui remplacent la conversation, la distance qui s'installe, le silence qui s'installe définitivement. Le montage alternatif entre le début du mariage, chaleureux, rapproché, et sa fin, froid, muet, constitue une leçon de narration elliptique.

cinéma

Depuis six mois, le même homme prend chaque matin le même train et s'installe au même siège, jusqu'au jour où la SNCF modifie le trajet. La perturbation déclenche une logique kafkaïenne dont la mécanique est implacable : chaque tentative d'adaptation aggrave la situation jusqu'à une chute parfaitement construite. Palme d'or du court-métrage à Cannes 1992 ; Oscar du meilleur court-métrage de fiction 1993.

cinéma

Gilda est au centre de la piste, sous les projecteurs, face à une salle de casino que Johnny surveille de loin. La scène joue sur la tension entre le regard de Johnny et la liberté affichée de Gilda : elle chante pour lui tout en affirmant son indépendance. Rita Hayworth retire lentement un gant long noir pendant qu'elle chante Put the Blame on Mame, le strip-tease le plus célèbre du cinéma classique se limite à ce seul geste.

cinéma

Dans la banquette arrière d'un taxi, Terry Malloy dit à son frère Charlie ce que leur accord a coûté : il aurait pu être quelqu'un, il aurait pu être en lice, au lieu de ça, il n'est qu'un raté, et c'est la faute de Charlie. Marlon Brando a demandé à improviser la scène avec Rod Steiger ; le résultat définit le style de jeu naturaliste qui dominera le cinéma américain des deux décennies suivantes. La réplique est classée troisième au palmarès AFI, derrière Gone with the Wind et The Godfather, les trois premières du classement sont trois déclarations d'échec ou de refus.

cinéma

Dans le bureau obscur du Don, Johnny Fontane demande un rôle que le producteur Woltz refuse obstinément de lui donner. Don Corleone répond par une phrase, «I'm gonna make him an offer he can't refuse», qui résume toute l'économie de la violence dans le film. Marlon Brando, coton dans les joues, construit l'autorité du personnage à partir d'un murmure.

cinéma

Jean-Pierre Cassel traverse l'esplanade du Trocadéro, seul, en plein jour. La danse n'est pas une performance pour un public : c'est une manière d'être au monde, une séduction sans destinataire précis qui dit tout du personnage. Philippe de Broca filme le corps en mouvement comme une évidence naturelle, le geste est désinvolte, mais la chorégraphie est entièrement construite.

cinéma

Deux voisins cohabitent en paix jusqu'à ce qu'une fleur pousse sur la frontière de leurs jardins, ils finissent par s'entretuer pour la posséder. McLaren utilise la pixilation : les acteurs sont filmés image par image, ce qui leur confère des mouvements mécaniques, saccadés, déshumanisés. Produit par l'Office national du film du Canada ; Oscar du meilleur court-métrage documentaire 1953, catégorie à laquelle il était rattaché faute d'une catégorie fiction distincte.

cinéma

Tom Ewell accompagne Marilyn Monroe depuis le restaurant jusqu'au métro, par une nuit d'été new-yorkaise. La scène matérialise le fantasme que le film a construit depuis le début : la robe blanche qui se soulève sur la bouche de ventilation constitue le climax visuel du film. Marilyn rit, ce rire est spontané, non prévu au script, et Billy Wilder l'a conservé.

cinéma

Ethan Edwards ramène sa nièce à la maison après des années de traque. Debbie franchit le seuil, la famille l'accueille. Ethan reste sur le pas de la porte, regarde l'intérieur qu'il ne rejoindra pas, et repart vers le désert. Ford filme la solitude d'Ethan en un seul plan : l'encadrement de porte, la lumière du dehors derrière lui, la maison sombre devant. Il appartient au monde sauvage, pas à celui qu'il a défendu. Le geste de John Wayne, tenant son propre coude dans cette dernière image, est un hommage à Harry Carey Sr., figure du western muet dont il avait été proche. Harry Carey Jr. joue dans le film.

cinéma

Rose (Bette Midler), épuisée par les tournées et dépendante aux drogues, remonte sur scène pour un dernier concert dans sa ville natale. Rydell filme le mythe de la rock star consumée de l'intérieur : la scène du retour est à la fois triomphe et descente aux enfers, les deux en même temps, sans les séparer. La chanson-titre, composée par Amanda McBroom, est devenue un standard ; Midler, à ses débuts au cinéma, est nommée aux Oscars pour ce rôle.

cinéma

Sur le bateau qui les emmène vers l'Amérique, les souris émigrantes chantent qu'en Amérique il n'y a pas de chats, chacune apportant sa propre version du mythe. Don Bluth et Spielberg posent délibérément une fausse promesse comme fondation du récit : à New York, les chats sont partout. La chanson, composée par Barry Mann et Cynthia Weil, joue sur plusieurs langues et accents pour figurer la diversité des vagues migratoires européennes vers les États-Unis.

cinéma

Fleet Foxes construit son premier album autour d'harmonies à plusieurs voix, contre-chants, tierces, quintes, appliquées à un folk acoustique que la production de Phil Ek laisse sonner live, sans corrections numériques visibles. Guitares sèches et chant de Pecknold fonctionnent comme une texture continue plutôt qu'une relation mélodie-accompagnement. Enregistré à Seattle, le disque sonne hors-temps de manière délibérée.

musique

Jack Crabb, vieillard de 121 ans interrogé par un historien, raconte sa rencontre avec Wild Bill Hickok dans les années 1860. Penn filme l'épopée américaine par ses marges : un homme ordinaire au milieu des légendes, dont le témoignage démystifie autant qu'il fascine. Dustin Hoffman joue le même personnage de 17 à 121 ans, sous neuf heures de maquillage par session, le record de durée pour un maquillage de vieillissement à l'époque.

cinéma

Un lapin géant et placide voit ses fleurs détruites par trois rongeurs agressifs, il décide de se venger avec une précision d'ingénieur. La Blender Foundation a conçu le film pour tester les nouvelles fonctionnalités de Blender 2.46, notamment le système de poils et de particules, en conditions réelles de production. Deuxième film open source Blender, publié sous Creative Commons, devenu l'un des fichiers de test vidéo les plus utilisés au monde pour calibrer écrans et lecteurs.

cinéma

Sean Maguire s'assoit face à Will Hunting et répète la même phrase, « It's not your fault », une fois, deux fois, jusqu'à la dixième fois, jusqu'à ce que la résistance cède. La scène repose sur la durée et la répétition plutôt que sur le texte : c'est la persistance du thérapeute, non le contenu des mots, qui provoque le dénouement émotionnel. Matt Damon et Ben Affleck ont écrit la scène dans le scénario qui leur vaudra l'Oscar du meilleur scénario original en 1998 ; Robin Williams n'a pas retouché le texte.

cinéma

Les habitants de Pepperland sont attaqués par les Blue Meanies, qui veulent supprimer la joie et la musique, les Beatles partent à leur secours. George Dunning confie le design à Heinz Edelmann, dont le style psychédélique et graphique rompt avec les codes de l'animation narrative américaine de l'époque. Les Beatles n'apparaissent en personne que dans la scène finale ; leur implication dans le projet était initialement minimale.

cinéma

Rhett Butler, sur le pas de la porte, prononce sa décision finale à Scarlett O'Hara qui lui demande ce qu'elle va devenir sans lui : « Frankly, my dear, I don't give a damn. » La réplique clôt le film sur un refus total, inversant la dynamique de toute la narration : c'est Scarlett, non Rhett, qui reste sans issue à la fin. L'American Film Institute l'a classée première réplique du cinéma américain en 2005, sur vote d'un jury de 1 500 personnes parmi 400 films nominés.

cinéma

La caméra suit le trajet d'une seule balle de calibre 7,62 depuis sa fabrication en usine soviétique, son conditionnement, son transit mondial, jusqu'à sa cible humaine en Afrique, le tout sur For What It's Worth de Buffalo Springfield. Ce prologue documente la chaîne industrielle du trafic d'armes avant même que le personnage principal ne se présente, rendant le contexte plus concret que n'importe quel dialogue. Nicolas Cage en voix off énonce ensuite le paradoxe fondateur du film : sur douze hommes dans le monde, un est armé, la seule question est comment équiper les onze autres.

cinéma

Jake LaMotta fixe son frère Joey et lui pose la question en boucle, de plus en plus fort : « You fuck my wife ? », la paranoïa a atteint le point où aucune réponse ne peut plus désamorcer l'accusation. Joe Pesci, en réponse, alterne entre la dénégation et la panique, rendant la scène aussi inconfortable pour le spectateur que pour le personnage. Martin Scorsese filme la rupture d'un lien fraternel en temps réel. Robert De Niro a pris vingt-sept kilogrammes pour jouer LaMotta vieilli ; la performance lui vaut l'Oscar du meilleur acteur en 1981.

cinéma

William Foster (Michael Douglas) abandonne sa voiture dans un embouteillage sur l'autoroute de Los Angeles et entre dans un fast-food pour commander un breakfast. L'heure de service est juste passée. La règle absurde d'un établissement quelconque devient le détonateur d'une rupture que le film a préparée depuis l'ouverture. La scène a inspiré directement J'pète les plombs de Disiz la Peste (2000), qui en reprend la situation et l'état d'esprit.

cinéma

Hrundi V. Bakshi (Peter Sellers), invité par erreur à une réception hollywoodienne, s'approche du piano où Claudine Longet s'installe pour chanter. La scène suspend le chaos burlesque qui règne depuis le début : pendant deux minutes, la fête s'arrête et seule la chanson existe. Claudine Longet interprète Nothing to Lose, composée par Henry Mancini, la seule séquence entièrement douce d'un film construit sur l'accumulation comique.

cinéma

Le soir du Nouvel An, Joe Gillis descend dans le grand salon de la villa et découvre que Norma Desmond a préparé une fête pour deux. Ils dansent seuls dans le silence du manoir : c'est le moment où le piège se referme définitivement sur Joe, et où il commence à ne plus vouloir en sortir. Billy Wilder filme la séduction de la décadence, le salon surchargé, la lumière trop forte, la musique trop douce, sans jamais rompre l'ambiguïté du personnage masculin.

cinéma

Au bord d'une rivière en Géorgie, Drew sort sa guitare acoustique et entame quelques notes devant un garçon assis sur les marches d'une cabane. Le garçon répond au banjo ; ils s'accélèrent mutuellement, s'écoutent, se jaugent, et quelque chose passe entre ces deux inconnus que rien ne préparait à se rencontrer. La partition originale est d'Arthur Smith (1955) ; les mains à l'écran dans la séquence banjo appartiennent à un remplaçant, l'acteur Billy Redden n'était pas musicien.

cinéma

La caméra cadre en plan fixe le visage de Benjamin Braddock dans un avion qui atterrit à Los Angeles, regard vide, The Sound of Silence de Simon & Garfunkel par-dessus. Les bagages défilent sur le tapis roulant pendant que la chanson s'achève, image d'un personnage emporté par un système qu'il n'a pas choisi. Dustin Hoffman a trente ans pour jouer un diplômé de vingt-et-un : la séquence d'ouverture cadre le décalage.

cinéma

Un homme noir descend du train dans une petite gare de Sparta, Mississippi, en costume sombre. Sidney Poitier en Virgil Tibbs, attendu seulement par un officier de police local et son malentendu. Ray Charles chante le générique sur la musique de Quincy Jones, blues nocturne qui installe la moiteur du Sud avant le premier dialogue. Le film remporte cinq Oscars dont Meilleur film en 1968, en plein mouvement des droits civiques.

cinéma

Ted Hanover (Bing Crosby) s'installe au piano de l'auberge et interprète White Christmas pour Linda Mason dans la grange transformée en salle de spectacle. La chanson, composée par Irving Berlin, était considérée comme un b-side lors du tournage ; elle atteint la première place du Billboard et devient le single physique le plus vendu de l'histoire, à plus de 50 millions d'exemplaires. Oscar de la meilleure chanson originale 1943, la voix entendue à l'écran pour Linda Mason est celle de Martha Mears, doublant Marjorie Reynolds.

cinéma

Arrangeur chez Stax Records, Hayes greffe sur la soul des orchestrations lentes et une voix grave qui privilégie l'espace à la virtuosité. La bande originale de Shaft (1971), ouverture wah-wah, cordes hypnotiques, est le premier OST soul à remporter l'Oscar de la meilleure chanson originale. Hot Buttered Soul (1969) anticipe le slow jam avec quatre titres dont deux dépassent douze minutes.

musique

Ilsa entre dans Rick's Café Américain et demande à Sam de jouer As Time Goes By, que Rick lui a interdit d'interprèter. La chanson fonctionne comme déclencheur : au son des premières mesures, Rick surgit depuis l'arrière-salle, et la confrontation entre les deux personnages s'ouvre sur un échange de regards qui condense tout le film. As Time Goes By, composée par Herman Hupfeld en 1931, était initialement prévue pour être remplacée au montage par une nouvelle composition, l'équipe a dû la conserver après que Ingrid Bergman avait déjà coupé ses cheveux pour son film suivant.

cinéma

Le générique d'ouverture se déroule sur des images aériennes en split-screen, pendant que la voix de Noel Harrison pose la mélodie. La chanson en spirale, dont la structure circulaire mime le vertige qu'elle décrit, revient plusieurs fois dans le film, chaque reprise changeant de tonalité et de contexte. The Windmills of Your Mind, signée Michel Legrand et Alan & Marilyn Bergman, remporte l'Oscar de la meilleure chanson originale 1969.

cinéma

Travis marche seul dans le désert du Texas en costume sombre et casquette rouge, gourde vide, plan large sur les buttes ocres. La guitare slide de Ry Cooder accompagne sa marche sans destination, le film ne dit pas tout de suite d'où il vient ni où il va. Le générique apparaît plusieurs minutes après le début, comme si le film hésitait à commencer.

cinéma

Dominique Pinon s'installe dans une cabine Photomaton et enchaîne les poses, explorant méthodiquement ce que son visage peut exprimer. Philippe Dorison construit un portrait en série en deux minutes, sans dialogue : le dispositif confine l'acteur dans un cadre fixe et le force à tout inventer à l'intérieur. Court-métrage de 1997, réalisé dans la continuité de l'univers Jeunet-Caro dont Pinon était l'acteur fétiche.

cinéma

Joe Buck quitte sa chambre d'un motel texan, costume de cow-boy neuf, valise à la main, il prend le bus Greyhound pour New York, persuadé d'y faire fortune auprès des femmes solitaires. Harry Nilsson chante Everybody's Talkin' par-dessus le défilé des paysages traversés, la chanson dit tout du décalage entre rêve et réalité. Le film reste à ce jour le seul classé X à avoir remporté l'Oscar du meilleur film.

cinéma

Gerald McCloy ne parle pas, il émet des bruitages à la place des mots, ce qui le rend incompris de son entourage et finalement recruté comme attraction de radio. Les studios UPA rompent délibérément avec l'esthétique Disney : aplats de couleurs, formes géométriques, lignes épurées, économie de mouvement. Adapté d'une histoire du Dr. Seuss ; Oscar du meilleur court-métrage d'animation 1951 ; classé 9e dans la liste des 50 plus grands cartoons de tous les temps par le TV Guide.

cinéma

Sugar Kane (Marilyn Monroe) monte sur scène pour chanter avec le groupe, dans la salle de bal de l'hôtel de Miami. La scène isole Monroe dans un halo lumineux, voix fragile, regard vers la salle. Billy Wilder filme une apparition plus qu'une performance. Le plan est construit autour du souffle de Monroe sur le micro et de la robe translucide en lamé argent, deux décisions de mise en scène qui font de la séquence un moment à part dans le film.

cinéma

Stéphane (Romain Duris) est hébergé dans la famille de Sabina (Rona Hartner) dans un camp rom de Roumanie, après des semaines à chercher des enregistrements d'une chanteuse que son père aimait. La tension entre les deux personnages monte dans cette scène, désir perceptible des deux côtés, retenu par des codes culturels que Stéphane ne maîtrise pas. Tony Gatlif a tourné avec des non-professionnels du camp et des musiciens locaux : la musique qui accompagne la scène est enregistrée en direct.

cinéma

Dans une forêt, des arbres et des fleurs s'animent, se courtisent, jusqu'à ce qu'un arbre mort et malveillant déclenche un incendie que la pluie finit par éteindre. Gillett raconte une histoire de séduction contrariée et de vengeance sans aucun personnage humain, en confiant le récit entier à des végétaux animés. Premier film entièrement réalisé en Technicolor trichrome, Flowers and Trees a remporté le premier Oscar du meilleur court-métrage d'animation en 1932, ce qui a convaincu Walt Disney d'adopter la couleur pour l'ensemble de ses productions.

cinéma

Jerry transforme une cave en base militaire et bombarde Tom à coups de bouteilles de lait, fusées et torpilles de fortune, le tout calé sur Yankee Doodle. La mécanique Tom et Jerry est ici poussée à une précision d'horlogerie : chaque destruction est minutée, la violence burlesque devient musicale. Oscar du meilleur court-métrage d'animation 1944, sur une vingtaine de nominations reçues par la série entre 1943 et 1954.

cinéma

Sur fond noir, une main d'enfant ouvre lentement une boîte à trésors : une montre cassée, une harmonica, des billes, un crayon de couleur, des objets qui n'ont de valeur que pour qui les a trouvés. Une voix enfantine fredonne, puis la musique d'Elmer Bernstein s'installe, grave et attentive, sur ces détails concrets qui annoncent le point de vue narratif du film entier. Ce générique sans visage ni action établit que To Kill a Mockingbird sera raconté depuis l'enfance, et que l'enfance, ici, est le seul endroit d'où la vérité reste visible.

cinéma

Sam (Patrick Swayze), mort depuis le début du film, parvient à traverser le voile qui le sépare du monde des vivants pour rejoindre Molly (Demi Moore) devant le tour à poterie. Unchained Melody, composée par Alex North en 1955 et popularisée par les Righteous Brothers en 1965, devient dans cette scène la bande sonore d'un adieu qui est aussi une présence. Plus de cinq cents versions de la chanson ont été enregistrées depuis 1955, la version des Righteous Brothers a été rééditée à la suite du film et est redevenue numéro un des ventes en 1990.

cinéma

Donald Duck rêve qu'il vit sous le régime nazi, horaires inhumains à l'usine, saluts forcés, portrait du Führer omniprésent. L'humour absurde sert une commande de propagande américaine explicite : le film se conclut par le réveil de Donald, soulagé d'être citoyen américain. Oscar du meilleur court-métrage d'animation 1943 ; initialement intitulé Donald Duck in Nutzi Land.

cinéma

Une jeune femme entre dans un bar dix minutes avant une audition et n'a pas appris son texte : elle demande à un inconnu silencieux de lui donner la réplique. Pierre-Olivier Mornas construit une situation simple dont le retournement final tient en un mot et change rétrospectivement le sens de toute la scène. Sélectionné à la Quinzaine des cinéastes, Cannes 2001.

cinéma

Trois stores de bambou se lèvent d'un coup ; la caméra balaie la cour intérieure et ses fenêtres ouvertes sur l'été, la danseuse qui s'étire, le musicien qui compose, le couple qui dort sur le balcon. Elle redescend vers James Stewart : jambe plâtrée, fauteuil roulant, appareil photo posé à portée de main, tout le dispositif du voyeur captif est installé avant le premier dialogue. Franz Waxman réserve sa partition pour les moments de tension ; l'ouverture du film n'a pour bande-son que les sons de la cour, traitée comme un paysage sonore documentaire.

cinéma

Tony Manero (John Travolta) entre dans la discothèque 2001 Odyssey de Brooklyn, se change, et s'avance vers la piste. Les autres danseurs s'écartent spontanément : John Badham le cadre en contre-plongée, seul sous les projecteurs, comme on cadrerait une vedette de cinéma, et non un jeune homme de Brooklyn. Travolta a chorégraphié lui-même une partie de la séquence ; You Should Be Dancing des Bee Gees a été enregistré spécialement pour le film.

cinéma

John et Pearl sont dans la chambre des enfants : Harry Powell sait que l'argent est caché dans la poupée de Pearl, mais les enfants refusent de la lui donner. La poupée, objet d'enfance transformé en enjeu de survie, passe de main en main, seule chose autour de laquelle gravitent simultanément l'innocence et la menace. Laughton construit la tension entièrement sur ce que les enfants taisent : aucun dialogue explicatif, uniquement les regards et les mains sur l'objet.

cinéma

Un touriste américain attend son métro aux Tuileries en lisant son guide et croise involontairement le regard d'une passagère, son compagnon le prend très mal. Les frères Coen règlent un malentendu culturel en cinq minutes avec Steve Buscemi, dans la veine noire de leurs propres longs-métrages. Segment du film collectif Paris, je t'aime (2006), qui réunissait dix-huit réalisateurs pour autant de courts-métrages sur les arrondissements parisiens.

cinéma

Radiohead enregistre In Rainbows au Tottenham House avec Nigel Godrich : guitares, cordes arrangées par Jonny Greenwood et rythmes programmés se fondent dans un son équilibré qui retrouve la forme chanson sans rien céder à l'exigence formelle des albums électroniques. Reckoner et Nude articulent des tensions harmoniques résolues sans effort apparent. Distribué en téléchargement libre à prix libre en 2007, avant la sortie physique en décembre.

musique

Tom interprète la Rhapsodie hongroise n°2 de Liszt en concert ; Jerry dort à l'intérieur du piano et se réveille quand les touches s'abattent. Chaque note correspond à une action précise, chaque pause à un effet comique : le synchronisme animation-musique atteint ici une précision d'horlogerie. Oscar du meilleur court-métrage d'animation 1947 ; sorti la même année que Tom and Jerry in the Hollywood Bowl sur le même principe.

cinéma

Baloo prend Mowgli sous sa patte et lui enseigne la philosophie du minimum vital : se nourrir de ce que la nature offre sans effort, ne rien chercher au-delà du nécessaire. La scène est une parenthèse dans la tension du récit, un moment de grâce qui suspend l'urgence du retour au village. Phil Harris chante Baloo comme si le personnage avait toujours existé. Phil Harris a été choisi par Walt Disney lui-même peu avant sa mort. The Bare Necessities, écrite par Terry Gilkyson, a été nominée à l'Oscar de la meilleure chanson originale en 1968.

cinéma

Un vieux moulin abrite une nuit d'orage : grenouilles, oiseaux, araignées, chauves-souris, des dizaines d'animaux filmés sans personnage principal ni intrigue. Disney utilise ce film comme laboratoire pour développer la caméra multiplane, qui crée une véritable profondeur de champ par superposition de couches d'animation indépendantes. Oscar du meilleur court-métrage d'animation 1938 ; les techniques mises au point ici sont déployées quelques semaines plus tard dans Blanche-Neige.

cinéma

Marion Crane (Janet Leigh) vient de s'arrêter au Bates Motel pour la nuit, après avoir détourné 40 000 dollars à son employeur. Hitchcock interrompt le récit principal pour construire une séquence de meurtre en quarante-cinq secondes à l'écran, tournée en sept jours avec soixante-dix angles de caméra différents. La musique de Bernard Herrmann, cordes stridentes en pizzicato, a été refusée par Hitchcock à la première projection, qui voulait la scène sans musique ; Herrmann a insisté, et le résultat a changé la perception du film entier.

cinéma

Don, Cosmo et Kathy rentrent du restaurant vers trois heures du matin, dans la maison de Don. La séquence Good Morning traverse toutes les pièces, cuisine, salon, escalier, en une chorégraphie qui démarre lentement et monte jusqu'à l'épuisement. Gene Kelly, Donald O'Connor et Debbie Reynolds ont tourné cette séquence en une seule nuit de travail ; Reynolds, qui n'était pas danseuse professionnelle, avait les pieds en sang à la fin du tournage.

cinéma

Dans un wagon de métro lyonnais, un homme se lève et s'adresse aux passagères : il est célibataire, cinq millions de Françaises le sont aussi, peut-être qu'une d'entre elles voudrait lui parler. La réaction collective de la voiture, silence, gêne, puis une voix, constitue le film entier, sans acteurs professionnels. Nommé à l'Oscar du meilleur court-métrage de fiction 2003.

cinéma

Sur le tapis rouge du Festival de Cannes, Simon Jérémi (Alain Chabat) et son garde du corps Serge Karamazov (Gérard Darmon) se retrouvent contraints d'attendre en public. Les Nuls utilisent la solennité du festival comme décor pour une situation absurde : les deux hommes finissent par danser la Carioca devant les photographes et le public médusé. La chorégraphie est sincèrement réglée. Darmon et Chabat ont répété plusieurs jours : ce qui accentue le comique de l'incongruité plutôt que de la désamorcer.

cinéma

Quinze scènes indépendantes dressent un portrait de la mesquinerie ordinaire : un homme ordinaire, des humiliations ordinaires, une vie entière résumée en quinze minutes. Roy Andersson filme en plans fixes, avec la lenteur et la distance qui caractériseront sa trilogie des années 2000 (Chansons du deuxième étage, Vous, les vivants, Un pigeon perché sur une branche…). Monde de gloire est considéré comme la matrice formelle et thématique de toute son œuvre ultérieure.

cinéma

Une main d'homme peint lentement du vernis rose sur les ongles d'un pied de jeune fille dans une lumière laiteuse, le plan, fixe, ne montre rien d'autre. Ce geste unique, sans contexte ni visage, condense en quelques secondes la relation entre Humbert et Lolita : une obsession esthétique qui confond possession et soin. Nelson Riddle compose le Lolita Love Theme comme une berceuse ralentie, installant dès le titre une ambiguïté entre la tendresse et la menace.

cinéma

Pavarotti a fait entrer l'opéra dans les stades, pas en le simplifiant, mais en le portant avec une telle évidence physique que le genre entier devenait soudain accessible. Nessun Dorma en ouverture des Jeux de 1990 a touché des centaines de millions de personnes qui ne savaient pas que Puccini existait. Ceux qui n'y connaissaient rien se sont mis à écouter.

musique

Berto et Marco assistent à un récital privé dans le salon d'un appartement de Madrid, éclairé à la bougie. Caetano Veloso chante Cucurrucucú Paloma a cappella, puis avec un accompagnement minimaliste. Almodóvar garde le plan entier sans couper, laissant la chanson occuper tout l'espace du film pendant trois minutes. La chanson, composée par Tomás Méndez en 1954, est ici le point de gravité du film : les deux hommes regardent en silence, et ce qu'ils ne disent pas est dans leurs regards.

cinéma

Popeye fait son entrée dans un film de Betty Boop, maillet à la main, chantant son propre thème, déjà pleinement formé en tant que personnage. Les frères Fleischer introduisent leur nouveau héros sans transition ni précaution : il entre dans le cadre comme quelqu'un qui n'a jamais eu besoin d'être présenté. Popeye était apparu quatre ans plus tôt dans les comic strips d'E.C. Segar, dans Thimble Theatre. Ce court-métrage marque sa première apparition animée, dans le cadre d'un film de Betty Boop.

cinéma

Brigitte Bardot, allongée sur un lit, demande à Michel Piccoli s'il trouve chaque partie de son corps belle, il répond « oui » à tout sans lever les yeux de son livre pendant que la caméra parcourt lentement son corps. L'ouverture pose la question centrale du film : Piccoli dit « oui » à tout sans regarder, Bardot pose la question parce qu'elle connaît déjà la réponse. Raoul Coutard filme en Franscope ; la voix off de Godard cite André Bazin sur la définition du cinéma pendant le panoramique, le dispositif énonce ce qu'il montre.

cinéma

Flowers and Trees est d'abord un événement technique : premier court-métrage en Technicolor trichrome, le récit, une rivalité amoureuse entre arbres, est volontairement simple pour ne pas distraire de la démonstration. Disney interrompt la production en cours pour le repasser entièrement en couleur, à ses propres frais, après avoir obtenu l'exclusivité du procédé Technicolor pour deux ans. Premier Oscar du meilleur court-métrage d'animation, catégorie créée pour l'occasion en 1932.

cinéma

Jo McKenna (Doris Day) chante Que Sera, Sera à son fils, dans leur chambre d'hôtel de Marrakech, avant que tout bascule. La chanson revient à la fin du film dans une situation inverse : Jo la chante dans l'ambassade marocaine pour signaler à son fils qu'elle est là, et Hitchcock fait d'une comptine une opération de sauvetage. Que Sera, Sera, composée par Jay Livingston et Ray Evans, remporte l'Oscar de la meilleure chanson originale 1956 et devient un succès mondial dans les semaines qui suivent la sortie du film.

cinéma

Catherine (Jeanne Moreau) s'installe devant Jules et Jim, prend la guitare d'Albert, et chante Le Tourbillon de la vie. La scène suspend le récit : Truffaut laisse le plan entier à la chanson sans couper, transformant un interlude en centre de gravité émotionnel du film. Cyrus Bassiak, qui joue Albert et accompagne Moreau à la guitare, a composé la chanson spécialement pour le film ; c'est l'une des rares fois où Truffaut cède l'espace narratif à un musicien non-acteur.

cinéma

Un long plan sur une table de restaurant : huit hommes terminent leur petit-déjeuner, se lèvent, sortent en discutant des pourboires, puis des paroles de Like a Virgin de Madonna. L'action que le film va raconter n'est pas encore commencée ; Tarantino passe sept minutes à établir le groupe par le seul vecteur de la conversation ordinaire. George Baker Selection, sur le générique animé qui suit, accompagne un titre sequence en ombres chinoises qui résume ce que le film va faire : prendre le genre par le bas.

cinéma

La caméra alterne pendant cinq minutes plans larges et gros plans sur trois visages burinés qui s'observent dans le désert, pas un mot, pas un coup de feu jusqu'à la dernière seconde. Le film est le troisième volet de la Trilogie du dollar, avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach. La partition d'Ennio Morricone, composée avant le tournage, est diffusée sur le plateau pour caler le jeu des acteurs sur la musique, et non l'inverse.

cinéma

Claudine, vingt ans, vit à la ferme avec ses parents, trait les vaches à la main, et a un secret. Gérald Hustache-Mathieu construit un portrait rural dont le ton neutre et le cadre quotidien rendent la révélation finale d'autant plus sèche. César du meilleur court-métrage de fiction 2003.

cinéma

La voix off de Woody Allen hésite sur la première phrase, la corrige, repart, recommence, le film s'écrit sous vos yeux en temps réel sur des images en noir et blanc de New York. Cette incapacité à formuler définitivement pose le personnage comme un homme incapable de fixer ce qu'il aime : ce qui est précisément le sujet du film. Rhapsody in Blue de George Gershwin, jouée par le New York Philharmonic, donne à Manhattan une ambition de portrait total que la voix off revendique et contredit aussitôt.

cinéma

Lors d'une réception officielle au Caire, Hubert Bonisseur de la Bath est contraint d'intervenir et choisit de chanter devant une assemblée médusée. Hazanavicius construit la scène sur l'écart entre la confiance absolue du personnage et l'inadéquation totale de la situation : OSS 117 choisit Bambino de Dalida comme s'il s'agissait d'une évidence. Jean Dujardin chante en direct, sans doublage, l'imperfection vocale assumée fait partie de la construction comique du personnage.

cinéma

Dominique Pinon face caméra énumère en rafale ses goûts et dégoûts, le dispositif de portrait tient en deux minutes. Jeunet filme une liste d'obsessions personnelles avec un rythme de montage cut sec, sans mise en scène autre que le cadrage frontal. Il réutilisera exactement ce procédé pour présenter chaque personnage d'Amélie Poulain (2001), dix ans plus tard.

cinéma

Georges (Gérard Philipe), ancien médecin devenu alcoolique dans un village côtier du Mexique, danse pour gagner un verre de tequila devant les habitués du bar. La scène dit tout de sa déchéance, et de l'orgueil qui lui interdit encore de supplier : il danse sans se baisser, sans demander, avec une dignité qui rend la situation plus douloureuse. Michèle Morgan, étrangère échouée dans le même village, le regarde sans intervenir : le film représente la France en compétition officielle à la Mostra de Venise 1953.

cinéma

Arctic Monkeys enregistre cet album en dix-huit jours avec Colin Elliot : deux guitares dont les riffs s'entrelacent à grande vitesse, basse mobile et batterie précise. Alex Turner décrit la vie nocturne de Sheffield, queues de clubs, taxis, alcool, conversations cassées, avec un débit syllabique qui impose une forme de rap au registre guitare-rock. Portrait géographique et générationnel d'une précision rare pour un premier album.

musique

James Brown avait compris avant tout le monde que la batterie et la basse pouvaient être le centre, et la mélodie la décoration. Il a posé les fondations du funk, du hip-hop et de la soul moderne, en sachant parfaitement ce qu'il faisait. Des centaines de morceaux de hip-hop ont sampleé ses enregistrements sans qu'il ait à rien faire de plus, tout part de là.

musique

Un homme sans tête doit s'en acheter une pour déclarer son amour, la quête suit la logique implacable d'un conte fantastique traité au premier degré. Juan Solanas filme la vulnérabilité amoureuse comme une métaphore littérale, avec une économie de moyens qui renforce l'effet d'étrangeté. Prix du jury à Cannes 2003 ; César du meilleur court-métrage de fiction 2004 ; plus de 60 prix internationaux.

cinéma

Batman traque le Joker dans une ruelle new-yorkaise, puis un Alien s'en empare, et des Predators surgissent. Sandy Collora tourne ce fan film pour 30 000 dollars avec des costumes de qualité professionnelle, sans autorisation des ayants droit, présenté à la Comic-Con 2003 devant 5 000 spectateurs. Kevin Smith, présent à la projection, a déclaré : «Possibly the truest, best Batman movie ever made.»

cinéma

Georges Lopez, l'instituteur de Saint-Étienne-sur-Usson, guide la main de Jojo pour tracer une ligne droite en prononçant lentement : l'hori… zontal. Le mot résiste, le geste insiste : la scène filme l'apprentissage comme un accord tacite entre deux volontés de vitesses différentes. Être et avoir de Nicolas Philibert a été sélectionné à Cannes 2002 et a initié une controverse juridique sur les droits à l'image des enseignants filmés.

cinéma

Emo et Proog traversent un monde mécanique surréaliste. Proog en connaît les règles, Emo les remet en question, et cette divergence constitue le seul enjeu du film. La Blender Foundation a produit le film avec une équipe de sept animateurs pour démontrer que la chaîne de production CG complète pouvait être menée avec des logiciels libres. Premier film open source de la Blender Foundation, modèles, textures et code source publiés sous Creative Commons.

cinéma

Baptiste (Jean-Louis Barrault) voit du haut de son estrade, dans la foule du Boulevard du Temple, un homme subtiliser la montre d'un passant. Il mime la scène entière pour disculper Garance (Arletty), accusée à tort, et c'est ce premier regard qui fonde le film entier. Carné et Prévert ont tourné ces trois heures sous l'Occupation, avec des techniciens juifs travaillant sous de faux noms, le film sera élu plus grand film français de tous les temps par un jury réuni à Cannes en 1995.

cinéma

Vincent Malloy a sept ans, est poli et obéissant, mais rêve de ressembler à Vincent Price et imagine sa vie comme un film d'horreur gothique. Tim Burton réalise ce court en stop-motion en noir et blanc à dix-neuf ans au sein des studios Disney, sur un texte en vers à la manière du Dr. Seuss. Vincent Price lui-même assure la narration ; Disney refusera de distribuer le film.

cinéma

Fondateur de Pink Floyd, Barrett invente en 1967 un rock psychédélique à base de riffs simples et de paroles surréalistes, un langage sans précédent dans la pop britannique. The Piper at the Gates of Dawn concentre cette créativité ; il quitte le groupe dès 1968, à 22 ans, emporté par la maladie mentale. Ses deux albums solo deviennent des références de l'outsider music, influence directe sur l'indie britannique des décennies suivantes.

musique

Deux personnages animés s'expriment uniquement par les pages du carnet à spirale qui leur sert de tête, et doivent résister à la main du dessinateur qui veut les contrôler. Romain Segaud et Christel Pougeoise construisent quatre minutes en images de synthèse noir et blanc autour d'une métaphore de la relation créateur-personnage. Film de fin d'études à SupInfoCom-Valenciennes, 2002 ; primé dans plusieurs festivals de courts-métrages d'animation.

cinéma

L'American Film Institute a établi en 2005 un classement des 100 plus grandes répliques du cinéma américain, après vote d'un jury de 1 500 professionnels. Premières places : «Frankly, my dear, I don't give a damn.», «I'm gonna make him an offer he can't refuse.», «You talkin' to me?» La liste complète est disponible sur le site de l'AFI ; diffusée sur CBS en juin 2005.

cinéma

Un train entre en gare en diagonale, droit vers l'objectif, Louis Lumière a posé la caméra à hauteur de quai, perspective inédite pour les premiers spectateurs de janvier 1896. Les cinquante secondes du film ne contiennent aucun montage, aucune ellipse : la durée réelle du mouvement et la durée du film coïncident exactement. La légende des spectateurs fuyant leurs fauteuils est probablement apocryphe, mais elle témoigne de la rupture perceptive que représentait l'image en mouvement projetée à grande échelle.

cinéma

Une voiture traverse Paris à 5h30 du matin sans s'arrêter à aucun feu rouge, sept minutes cinquante-deux secondes, un seul plan-séquence filmé depuis le pare-chocs. Lelouch a tourné sans autorisation le 15 août 1976 avec une caméra Éclair 16 mm fixée au châssis ; le son de Ferrari provient d'un post-synchronisme, la voiture conduite était plus vraisemblablement une Mercedes. Arrêté brièvement par la police après la projection, le film est depuis étudié comme cas limite entre documentaire, performance et fiction.

cinéma

Trois hommes attendent sur un quai de gare désert depuis douze minutes, aucun dialogue, seulement le vent, une mouche, le grincement d'un moulin à eau et le compte-gouttes d'un toit qui fuit. Léone construit le silence comme une matière sonore à part entière, chaque bruit isolé amplifié jusqu'à devenir insupportable, jusqu'à l'entrée de Charles Bronson. Enio Morricone intervient sur le premier accord d'harmonica, transformant la tension accumulée en thème musical, la partition était écrite et enregistrée avant le tournage.

cinéma

Sufjan Stevens mobilise une cinquantaine de musiciens pour Illinois : cordes, cuivres, banjo et percussions s'organisent en vingt-deux titres autour d'une cartographie intime de l'État. Le travail d'arrangement est horizontal, les couches s'ajoutent sans jamais saturer l'espace, et Stevens alterne chansons intimes et pièces orchestrales sans rupture brusque. La voix reste au premier plan, nette et sans vibrato excessif.

musique

Le premier plan montre Scarlett Johansson de dos, allongée, en transparence sur fond rose, un plan sans dialogue ni explication, qui dure plusieurs secondes avant que le titre n'apparaisse. Bill Murray en taxi dans Tokyo de nuit, regard perdu sur les néons de la ville depuis la vitre : deux solitudes sont présentées séparément, sans lien encore entre elles. Kevin Shields de My Bloody Valentine compose Just Like Honey avec Jesus and Mary Chain pour ce générique, signalant que le film fonctionnera comme une rêverie plutôt que comme une narration.

cinéma

La voix off hésite, se corrige, relance : Isaac Davis cherche à formuler en une phrase pourquoi il aime New York, et chaque tentative révèle davantage sur lui que sur la ville. Le texte alterne entre romantisme assumé et lucidité ironique, « he romanticized it all out of proportion », posant le personnage comme un homme qui sait ce qu'il fait et le fait quand même. Gershwin et les feux d'artifice sur Central Park fonctionnent ici comme contrepoint : la ville répond en grand à ce que la voix off ne sait pas encore articuler proprement.

Woody Allencinéma

Arcade Fire enregistre Funeral pendant une série de deuils au sein du groupe : violon, alto, accordéon et claviers viennent doubler une armature de guitare-basse-batterie sans jamais écraser la chanson. Le résultat est un rock indépendant à la texture dense, où la dynamique collective supplante les solos. Produit par Tino Piontek et le groupe à Montréal, le disque redéfinit l'ambition orchestrale du genre.

musique

Gospel, blues, soul, country. Ray Charles traversait les genres sans jamais demander la permission. Quand il a enregistré Modern Sounds in Country and Western Music en 1962, le label était contre, l'album s'est vendu à des millions d'exemplaires. Il refusait qu'on lui dise où s'arrêter, et on finissait toujours par le remercier de ne pas avoir écouté.

musique

La scène de la cuisine des Tontons Flingueurs (Lautner, 1963) est reconstituée en images de synthèse avec les dialogues originaux d'Audiard. Cleanteam modélise les personnages en 3D basse résolution et laisse les répliques porter l'intégralité du film, le travail d'animation sert à ne pas trahir le rythme du texte. Projet amateur de 2002, diffusé sur internet avant la généralisation des plateformes vidéo.

cinéma

Jack White enregistre Elephant en quinze jours à Londres avec Meg, dans un studio analogique sans basse ni Pro Tools, deux guitares, une batterie, une contrainte formelle qui force chaque partie à occuper tout l'espace. La saturation emprunte au blues de Chicago des années 1930 autant qu'au glam-rock, les imperfections de jeu restant audibles dans le mix final. Seven Nation Army ouvre sur un riff de basse en réalité joué à la guitare barytone.

musique

Smith enregistre ses premiers albums seul, en prise directe, avec un fingerpicking qu'il double sur lui-même, une intimité sonore qui contraste avec la densité de ses textes. Either/Or (1997) et XO (1998) posent les fondements d'un folk urbain dépressif que l'indie des années 2000 absorbera entièrement. Nommé aux Oscars 1998 pour Miss Misery, il interprète le titre en costume blanc face aux productions Céline Dion.

musique

Johnny Cash chantait pour ceux que l'Amérique préférait oublier, les prisonniers, les pauvres, les perdants, et donnait des concerts dans les prisons de Folsom et San Quentin quand les labels rechignaient. À 69 ans, Rick Rubin l'a mis seul devant un micro avec une guitare acoustique. Les American Recordings sont parmi les disques les plus honnêtes jamais publiés.

musique

Lady Lou (Mae West) croise le capitaine Cummings dans la rue et l'invite à monter chez elle. La réplique, «Is that a gun in your pocket, or are you just happy to see me ?», illustre la stratégie d'écriture de Mae West : retourner le rapport de séduction en faveur du personnage féminin, dans un registre que la censure de l'époque n'avait pas encore outillé pour identifier. West écrivait elle-même la majorité de ses dialogues, ce film, sorti en 1933, contribuera directement à l'adoption du Code Hays l'année suivante.

Mae Westcinéma

Le film commence sur un plan fixe de l'espace, deux secondes de silence avant que la fanfare de John Williams s'élève. Le vaisseau impérial entre par le bas du cadre et n'en finit plus de passer : George Lucas et le chef décorateur John Barry ont calculé la taille du vaisseau pour qu'il écrase visuellement tout ce qui précède. Deux décisions de mise en scène, le silence initial et le déséquilibre de scale, posent un univers entier avant qu'un dialogue soit prononcé.

cinéma

Wilco enregistre Yankee Hotel Foxtrot avec Jim O'Rourke dans un entrepôt de Chicago : fréquences de radio interceptées, électronique dissonante et percussions traitées viennent perturber le fond de country-rock sur lequel le groupe s'était construit. Reprise Records refuse le disque. Wilco le distribue gratuitement en ligne avant sa sortie physique chez Nonesuch. La rupture est sonore autant qu'industrielle.

musique

The Strokes enregistre Is This It en huit jours avec Gordon Raphael à New York : guitares fines et légèrement saturées, basse portant la mélodie principale, batterie sèche et peu réverbérée. Casablancas chante derrière une distorsion qui tasse la dynamique vocale sans l'écraser. Onze morceaux en trente-cinq minutes, aucun geste superflu, une économie formelle qui redonne au rock de garage la netteté que les années 1990 avaient abandonnée.

musique

Ce n'est pas le froid qui tue. C'est la misère qui assassine.

pensée

George Harrison a introduit le sitar dans les Beatles, ouvert la pop à l'Inde, composé Something, que Sinatra appelait la plus belle chanson des cinquante dernières années. Dans le groupe le plus célèbre du monde, il a su rester le plus discret. Ce n'était pas une limite : c'était son langage.

musique

Une voix lit le poème de Paul Verlaine sur une musique de Nino Rota. Soixante secondes. Paris, avril 2000. « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant / D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime » : les vers des Poèmes saturniens sur une partition qui ralentit encore le temps. Enregistrement personnel, voix de l'auteur à 26 ans. Nino Rota est connu pour ses partitions pour Fellini et pour la trilogie Le Parrain.

meta

Chanteur des Ramones, Joey Ramone pose une voix nasale sur des riffs à deux accords, une posture anti-virtuosité qui invente le punk américain avant même que le terme existe. Rocket to Russia (1977) : treize chansons en trente minutes, production brute, refrains immédiats. Les Ramones n'ont jamais eu de hit ; leur influence sur le punk et l'indie rock reste sans équivalent.

musique

Radiohead abandonne la guitare pour un vocabulaire fait d'ondes Martenot, de séquenceurs et de fragments de jazz, chaque plage refuse la structure de chanson conventionnelle. Thom Yorke pose une voix traitée sur des nappes électroniques qui évitent toute résolution harmonique attendue. Enregistré avec Nigel Godrich entre Paris, Oxford et Copenhagen, Kid A ne propose aucun single ni clip, le disque se vend pourtant massivement.

musique

Piero Umiliani l'avait composé pour un documentaire italien sur la Suède en 1968. Jim Henson en a fait un numéro pour le premier épisode de Sesame Street, le 27 novembre 1969. Le reste appartient à la mémoire collective.

musique

Trois tueurs attendent un train sur le quai d'une gare isolée, treize minutes sans dialogue, presque sans musique, juste le grincement d'une éolienne, le bourdonnement d'une mouche, le clapotis de l'eau d'une gouttière. La séquence liquide trois figures emblématiques du western américain (Jack Elam, Woody Strode) pour faire place à Charles Bronson et son harmonica. John Boorman a écrit à la sortie : « à la fois le meilleur et le dernier des westerns ».

cinéma

Sigur Rós construit Ágætis Byrjun sur des couches de guitare traitée à l'archet et une voix en vonlenska, phonétique inventée qui déplace l'écoute du sens vers le timbre. Les arrangements s'étirent sur de longues durées, laissant chaque accord se fondre dans la réverbération. Produit à Reykjavik par Ken Thomas, l'album pose les fondations d'un post-rock atmosphérique dont les équilibres texturaux restent difficiles à égaler.

musique

Frido rikeje slokjgo cvn leogrjguht, hytepigjk vouceb optyhtrjy noej rktey tru orterjeptijjtkh. Jeryobk higoj dofug. Houfgep je suis très fort deldklfdmùesdliufsml afa serreoi fdo ugf crogfg vcgevcoiugevngif. jurieuc jdueoir, ncvui, rgudo ; vfcoi cfotit. Du desdhsfgaien, rfjgueol ehnvcurnrund ; rfjf ifneer. Frido rikeje slokjgo cvn leogrjguht, hytepigjk vouceb optyhtrjy noej rktey tru orterjeptijjtkh. Jeryobk higoj dofug. Houfgep je suis très fort deldklfdmùesdliufsml afa serreoi fdo ugf crogfg vcgevcoiugevngif. jurieuc jdueoir, ncvui, rgudo ; vfcoi cfotit. Du desdhsfgaien, rfjgueol ehnvcurnrund ; rfjf ifneer.

meta
Chargement…